C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

5.12.11

FAIRE À SEMBLANT

J'ai pas envie de vous compter des menteries.  De faire à semblant.  C'est pas mon genre.  J'essaie de me le rappeler à chaque jour.  À jeun ou pompette.  Éveillée ou endormie.  Le matin, le soir, la nuit.  Dans mon char, dans mon lit.  Quand je m'arrache la peau des doigts, quand je brasse une soupe aux lentilles.  Quand je suis sur la bol ou quand je barre la porte avant de m'en aller.  Quand je mets le recyclage au chemin ou bien la musique à fond.  Quand j'abaisse le drapeau de la boîte à malle ou mon bas de pyjama avant d'aller dormir. Quand mon chat veut sortir.  Ou entrer.  Ou sortir.  Quand je me sens seule.  Perdue.  Ou contente.  Quand je colle des post-it dans un bon livre ou que j'allume la lumière du porche, au cas où.

J'ai manqué Éric, misère, mais je n'ai pas manqué La Solde.  J'en reparlerai. 

Et de ça j'en reparlerai sûrement, aussi.  Un moment donné.


En ce moment, je ne suis pas un gars bien amusant.  J'espère que ça ne te dérange pas.  J'espère que la prochaine fois que je t'écrirai je serai plus joyeux.  D'une certaine façon il est facile d'être joyeux.  D'accord, en ce moment je suis joyeux.  C'est bête de ne pas être joyeux.  C'est inutile.  C'est comme les moustiques et les boutons.  


Falardeau, un très mauvais ami - Lettres à Léon Spierenburg, Lettres traduites et présentées par Jean-François Nadeau, Lux Éditeur, Montréal, 2011, p.43.


14 commentaires:

Venise a dit…

Hé, ton chat, y tiens de toi ... rentrer, sortir, rentrer, sortir.

Je t'attrape au vol, tant mieux. Là, qui fait plus frette, peut-être qui va rester rentré ton chat. Entéka, ça se peut.

Gomeux a dit…

Chu content quand t'es là, pis je m'en fais pas trop quand t'es pas là, pask tu fais pas semblant d'être là.

Sammy Soldat a dit…

C'est drôle (ou pas) J'ai commencé tes corpuscules hier soir, et j'ai demandé un très mauvais ami pour Nowel.

Merci.

- SS

s.gordon a dit…

Je sais pas si ça se peut vraiiiment Venise.

Mais puisque tout se peut, dit-on, j'attends de voir la première vraie neige pour en être vraiment certaine. Au cas où. Parlant de vol : tes correspondances ont viré de cap j'pense, hein. Ben je te souhaite un beau cap vers ta nouvelle destination.

Gom, te lire m'a fait grand bien. Aussi vrai que ça. Aussi vrai que ça.

Je sais pas si c'est drôle, Sammy, mais ça me fait plaisir en tous cas. Sois le bienvenu dans ma cour, ma scrap, et mes corpuscules.

Ouais.

Salute y'all.

Laure K. a dit…

un jour j'ai écris que j'ouvrais les Corpuscules et pis, non, je ne l'ai toujours pas ouvert. Je ne dirais plus rien de ce qui est censé se produire entre ma volonté et le réel.
Une pensés par ici quand même Sandra... :-)

MakesmewonderHum a dit…

Lorsque les gens qui, comme Pierre Falardeau, n'ont pas semblant de leur vivant nous quittent, il est normal de se receuillir un peu pour s'en inspirer.

Quelques jours après les cérémonies tenues à Montréal, Édouard Cloutier, vieux routier des Sciences Po et ami de Pierre, organise un temps de receuillement et de témoignages dans la petite salle paroissiale d'une église protestante de Mansonville, dans les Cantons de l'Est. Salle toute simple ornée, d'un grand Unifolié et beaucoup plus petit Fleurdelisé. Spontanément tout le voisinage et marchands du coin se sont déplacés apportant un peu de tout pour ce petit mais ô combien grand événement. Témoignant, avec souvent la larme à l'oeil, de solides gaillards, de frèles et vieilles voisines anglophones, amis(es) et simples connaissances, Édouard qui invitait à chanter et de jouer de sa musique à bouche. Sentir encore un peu de sa présence au travers tous ces gens, "ses" gens. Voilà ce que commande ne pas faire semblant de son vivant.

Sammy Soldat a dit…

http://drmotherhand.blogspot.com/2011/12/les-corpuscules-de-krause.html

- SS

s.gordon a dit…

Salut Laure. Prends ton temps dear, que puis-je dire de plus que ça.

Non seulement il est normal, WonderHum, mais né-ces-sai-re. Et spontané. Et humain. Et. Et.

Eh oui.

M'ennuie de lui. J'suis pas la seule, crisse de crisse.



Un lien, un lien. C'est pas ce que je cherche, Sammy Boy, mais m'as aller voir pareil. ;)

Sammy Soldat a dit…

Que c'est que tu cherche, d'abord, Sandra? j'sais pas, moi. J'pas ben bon avec le monde, règle générale...

- SS

helenablue a dit…

Quand je suis sur la bol?
Quand j'abaisse le drapeau de la boîte à malle?

Tu peux éclairer ma lanterne, là, dis?

Entéka, j'suis drôlement contente de te lire de nouveau, tu m'as manquée!

É. a dit…

C'était pas marrant de passer à Montréal et qu'il ne soit plus là. Dans l'hécatombe des dernières années, c'est vraiment son absence qui laisse pour moi le plus grand vide. Y a plus personne pour hurler quand ça fait mal. Y a plus personne pour remonter de la cale et sonner l'alarme quand la coque prend l'eau. On dirait presque un immense glacier à la dérive, un Titanic festif-graisse-de-bine, orné de visages souriants déjà à demi-morts. La sédation a remplacé la sédition. Glou, glou, glou.

s.gordon a dit…

Ça rimait avec main, Sammy. C'est juste pour ça. (esquive, esquive) Mais merci. Je suis entrain de mettre le doigt sur d'autres particules. VIVE LES DOIGTS ET LES PARTICULES.

1. La bol, Blue : le cabinet d'aisances. C'est le, mais je dis la.

2. Le postier motorisé me signale l'arrivée du courrier en soulevant le petit drapeau de ma boîte aux lettres. C'est pour ça.

On drinke aux lanternes, et aux sweet bises bleues.

É : Ouais. Un grand vide. Je me réconforte dans la lecture de ses correspondances, et je l'entends quasiment parler. Une page par jour, je veux que ça dure.

Le plumitif a dit…

je ferai pas à semblant. Falardeau, des fois, il me tapait sur les nerfs.
mais y a du monde de même, t’es vraiment content qu’ils existent. justement pour ça, te taper sur les nerfs. pas te laisser t’en sortir avec des idées toutes faites, te forcer à les regarder en face tes petites dérobades, tes facilités commodes. t’empêcher de faire comme si tu faisais pas à semblant.
lui aussi en avait sûrement, à l’occasion, des automatismes pernicieux. on en a tous.
pas rapport avec Falardeau (ben, peut-être aussi en fait, je le sais pas…), mais une affaire qui est vraiment toffe, c’est de gagner sa vie sans faire à semblant. c'est jamais dans les définitions de tâches, mais ça a l’air que tout le monde est au courant (sauf les zoufs dans mon genre), c’est une exigence constante, inflexible : faire à semblant que c’est sérieux, que c’est important, qu’on est soi-même un peu important juste parce que, supposément, on gagne sa vie… pour l’instant, je l’avoue, pour m’en sortir, je m’essaie à faire à semblant de faire à semblant.
honnêtement, le résultat est pas brillant.
mais entéka, je ferai pas à semblant de pas être content de percevoir à nouveau les stimulants effluves virtuels de cette chère Miss Gordon :)

s.gordon a dit…

Tout nous tape su'é nerfs un moment donné, anyway. Certaines choses plus que d'autres. Certaines personnes plus que d'autres. Falardeau ne m'a jamais tapé su'é nerfs, ceci dit. Mais je comprends ce que tu veux dire parce que je suis ouverte d'esprit.

À propos du faire semblant de faire semblant, cher Plumitif, je pense que c'est peut-être juste... humain. Un humain dans toute sa splendeur stratégique? J'sais pas.