C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

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8.3.11

MANCHES DE COUTEAUX ET AUTRES PECCADILLES DANS LE GENRE

Petite lecture de chevet (sans jeu de mots morbide) que je partage avec vous. Ouain.

« La mort fait partie du travail en élevage, tout simplement pourrait-on dire parce qu’elle fait partie de la vie. La mort existe. Cette simple évidence, à laquelle voudrait échapper tant de nos contemporains, fait que la vie d’un animal d’élevage doit avoir une fin. Il est indéniable pourtant, et nul éleveur ne l’ignore, que les animaux n’ont pas envie de mourir – l’animal, sauf en cas de vieillesse ou de maladie, est vie qui veut vivre – et qu’ils n’y consentent pas. Et le désir le plus cher d’un grand nombre d’éleveurs (un sur deux dans la population enquêtée) est de voir ses animaux mourir le plus tard possible. Nous non plus, humains, nous n’avons pas envie de mourir, pour certains d’entre nous nous avons même peur de mourir. Et pourtant nous mourrons. Pourtant, chacun d’entre nous mourra. Et cela est nécessaire si nous désirons continuer à vivre. Nous sommes vivants parce que des hommes avant nous sont morts. D’autres naîtront parce que nous mourrons. « La mort n’est pas ‘un élément purement empirique de notre expérience, mais l’orientation vers la mort est essentiellement impliquée dans l’expérience de toute vie et de notre propre vie’ (M. Scheler (1952), cité par J.M. Brohm dans L.V. Thomas, Les chairs de la mort, p.29). Désirer ne pas voir mourir ceux qu’on aime, désirer mourir le plus tard possible si l’on vit une vie heureuse est un souhait légitime, mais qui souhaiterait vraiment, pour soi, ne jamais mourir, ne jamais finir. Que serait l’œuvre d’une vie si elle était sans fin?

Refuser la mort de l’animal d’élevage, c’est refuser la mort tout court, c’est refuser la vie. Le plus tard possible, pour les animaux d’élevage comme pour tous ceux que nous aimons et pour nous-mêmes, est évidemment préférable parce que, vu de près, dans le processus de démantèlement des corps, la mort a évidemment une très « sale gueule ». Ainsi, dans le film Le sang des bêtes de Franju, les coups de hache sur les cornes de la vache abattue, ou la fente des lèvres du cheval mort sont aussi difficilement supportables que la vision de l’acte de tuer l’animal d’un coup de merlin sur le front.

En élevage, comme dans nos rapports actuels à la vie, et comme l’exprime Louis-Vincent Thomas, la mort est un événement à conquérir. Nous prenons la vie de l’animal comme la mort nous prend. Majoritairement, nous ne choisissons pas l’heure de notre mort. Avec une différence essentielle, cependant, et qui renvoie au sens de la mort et à la dignité : parce que nous avons décidé sa mort, parce qu’elle n’est pas le fait du hasard, le corps de l’animal d’élevage mort n’est pas un cadavre, objet fini promis au pourrissement, mais un corps mort sur lequel les hommes vont effectuer un travail de re-création. C’est ce travail sur le corps de l’animal, en tant que travail de vie (le terme « viande » est issu de vivere : vivre) qui donne son sens à la mort de l’animal. Dans nos aliments, dans le cuir de nos chaussures ou de nos vêtements qui nous collent au corps comme une seconde peau, dans la corne d’une vache posée sur notre table, dans le manche d’un couteau, dans la queue du lapin portée autour du cou comme un fétiche… , dans toutes ces parts animales disséminées dans nos vies, nous proclamons que nous n’avons pas tué l’animal pour rien, qu’il est toujours pour nous, en nous, dans nos muscles et notre sang circulant, sur nous, et dans notre esprit, dans nos histoires et dans nos rêves.

Tout devrait donc être mis en œuvre pour que la mort de l’animal soit donnée dans la dignité, pour l’animal et pour nous-mêmes. »

Jocelyne Porcher, Éleveurs et animaux, réinventer le lien, PUF, Paris, 2002, p. 239-240.
Préface de Boris Cyrulnik.

J'ai voulu mettre un lien sur le film de Franju. Mais je ne l'ai pas fait.

Et je ne suis pas végétalienne.


Page 278 :

« ... Et que la vache qui broute, tête baissée, surpasse n'importe quelle statue...»

— W. Whitman, Feuilles d'herbes, p.123.

8.2.11

C'EST À CAUSE DE DENIS VILLENEUVE...


J'angoisse grave. À cause de Denis Villeneuve.

Ouais.

Quand je pense à Denis Villeneuve, je ne pense pas à La Course destination monde, ni à Polytechnique, ni même à Incendies, ni aux Oscars, ben non. Quand je pense à Denis Villeneuve, il me vient en tête une scène du film Un 32 août sur terre, quand Simone critique, déprécie - que dis-je! - rabaisse méchamment son éventuel géniteur (le sympathique Philippe) en lui garrochant à la tête quelque chose comme :

« T'as trente ans pis t'as même pas tes licences? »

Phhh.

1998. J'avais quelque chose comme 19 ans. Et toujours pas mes licences. Ça m'est rentrée dedans comme un dix roues :

« T'as trente ans pis t'as même pas tes licences? »

J'avais l'étrange impression que je me rendrais là. À trente ans pas de licences. Feeling, tsé. Bah.

L'année d'après j'étais à Montréal. Ne-pas-perdre-ma-carte-de-métro-mensuelle m'importait davantage que de prendre-un-rendez-vous-à-la-SAAQ-pour-prendre-mes-licences. Je m'en crissais, c'est ben certain.

Jusqu'à ce que... à trente-deux ans, accotée sur le comptoir de Machin-Conduite-Expert-CAA-recommandée, une école de conduite tsé, je me sentais comme Philippe l'incompris, Jos-Bine trentenaire pas de licences, à enquêter sur la gentillesse des moniteurs et le cursus des cours.

Me suis trouvée un Guide de la route 2004 au Village des Valeurs. Pour trois piasses.


J'ai pris ça pour un signe, qu'est-ce que tu penses.


(Ouais.)

16.11.10

CASSONADE ET GRIL COSTAL


« Il ne faut pas rouler ses écrits dans le sucre. »
Anton Tchekhov

Je l'aime bien celle-là.

27.5.09

GROSSE FAIM


- Bonjour Monsieur... ?
- Mario.
- Bonjour Monsieur Mario. Qu'est-ce que je peux faire pour vous?
- J'ai faim. J'ai pus une cenne.
- D'accord... Je comprends.
- Je voudrais des coupons pour manger.
- Uhm? Ah! Oui. Des bons alimentaires.
- C'est ça.
- Euh j'en ai pas, mais je vais vous donner quelques références pour (...)
- Hein?
- Oui. Des ressources dans le quartier qui pourront peut-être (...)
- Ah non, sacrament! J'veux pas des cannes de bines ou des tomates en bwaïte, j'veux d'la viande. D'LA VIANDE, TABARNAK! C'EST PAS COMPLIQUÉ À COMPRENDRE ÇA! D'LA COLICE DE VIANDE!
- ...
- T'AIMES ÇA D'LA VIANDE TOÉ? BEN MOI AUSSI J'AIME ÇA CRISSE.
- Je...
- Heille! C'est quoi tu viens de faire? C'est quoi qu'y a en dessour de ton bureau?
- Euh... Je...
- T'as pésé su' ton piton panique, c'est ça?

11.10.08

ANAMNÈSE AUTOMNALE


Pour les mardeux qui troquent la dinde contre une fondue à l'orignal, et le petit blanc sec contre du gros gin.