C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

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28.7.16

OSSATURE À CLAIRE-VOIE





Du gyproc, des vis, des encoignures en métal.  Un beam de soutien.  De l'ouvrage en suspens.  Une odeur de pluie qui tombe drue.  Un plancher de plywood.  Un bain en fonte, sur pattes molles.

Une bonne toune, ça.





13.6.10

MARAIS, PYRAMIDE ET SYSTÈME DE RÉFÉRENCE


C'est-tu lui qui regénérait ses membres en les exposant à des rayons de soleil? Me souviens pas.

Anyway. Je pensais à ça hier en contemplant ma pyramide de boîtes dans le salon (je déménage bientôt, pis hostie que j'hayis ça déménager). Je me suis dit que cette fois-ci j'allais prendre le soin d'étoffer les renseignements sur lesdits cartons, que j'allais pas juste noter Cuisine ou Bureau ou Salon, mais que j'allais aussi préciser le contenu. Genre des sous-points. Question d'être plus efficace. Serviettes, paperasse, bols soupe oignon/verres/ustensiles, draps, stock camping, chaudrons/plats plastique, bottes d'hiver, etc.

Pour éviter les boîtes de douze tonnes et quart, j'ai dû bien sûr faire certains mélanges hétéroclites : des livres avec des linges à vaisselle, de la paperasse avec des vêtements, and so on. Et pour m'y retrouver plus facilement lors du dépaquetage, j'ai numéroté les boîtes contenant ma bibliothèque.

Donc. Le contenu général en lettres majuscules, les sous-points juste en dessous en lettres attachées, et le numéro dans le coin s'il y a lieu.

Le seul problème c'est qu'hier, en contemplant cette fabuleuse et fort déprimante pyramide de boîtes, je me suis rendue compte que je n'arrivais pas à relire mes barbots. Bravo.

Anyway.

Aujourd'hui, entre deux boîtes, je tâcherai de m'étirer le cou dans la lumière du jour : un peu de soleil sur la tronche ça ne devrait pas faire de mal.

4.3.10

DIS-TOI BEN ÇA


















— Pis? Ça t'remonte-tu le moral?
— Euh... j'sais pas trop là...
— Le printemps arrive, ça fond, il fait beau, on va pouvoir manger d'la crème à'glace dehors... Pis t'aimes ça les chats toi, non?
— Ouain...
— Dis-le donc que tu l'trouves laid mon tableau. Moi qui pensais que ça t'ferait plaisir!
— Nenon, c'est pas ça. C'est juste que... J'me demande ben où je vais l'accrocher. Ça fite pas vraiment avec les couleurs de mon salon... ni de ma cuisine...
— Ben. Mets-le dans ta chambre.
— Dans ma chambre? Ah. Ouain. C't'une idée. Mais hum, j'pense pas que ça irait super bien avec mon couvre-lit...
— Il est de quelle couleur ton couvre-lit?
— Blanc.
— Blanc? Ça fitte avec toutte du blanc.
— Ben, il est pas blanc-blanc-blanc là. Y'a pas mal de blanc, mais y'a du vert aussi. Genre du vert chlorophylle...
— Du vert chlorophylle?
— Ouain.
— Pis?
— Pis euh... le vert chlorophylle ça fite vraiment pas avec du turquoise. Tout le monde sait ça.
— C'est pas turquoise ça, c'est bleu.
— Ah ouais? Ouain. Ben. Bleu bébé genre...
Bleu bébé?
— Ouain. Bleu bébé.
— Un bébé, c'est pas bleu.
— Je sais, mais on dit ça comme ça. T'as jamais entendu ça?
— Dis-moi donc à' place : J'en veux pas de ton hostie d'tableau laid.
— J'en veux pas de ton hostie d'tableau laid.
— ...
— ...
— T'as raison. C'est vrai qu'y'é laid...
— Ouain mais y'a toujours quelque chose de beau dans le laid. Dis-toi ben ça.
— Boaf. Pffft...
— Tu me peindras un clown la prochaine fois. Je l'accrocherai dans' descente de la cave.
— ...
— Ah arrête hein. Viens, on va aller prendre du soleil.

18.9.09

VADE RETRO QUÉTAINAS


Bon. Réglons ça une fois pour toute.

Qu'est-ce que tout le monde a à virer su'l top quand il est question de chats?

Un chat c't'un chat crisse. Arrêtez de vous pâmer devant des photos de chats. Ben oui y sont quioutes, pis après? Mes petits yogourts Danone sont quioutes aussi, pis j'suis pas là à me pâmer dans' porte de mon frigidaire.

Le summum, c'est les photos de chatons vulnérables lovés contre le corps d'un gros clebs qui somnole. Ah là, c'est fort. Aaaaaahhhh y sont quiouuuutes ensemble, regarde moi ça. Ben oui, ben oui. Revenez-en.

Pis voulez-vous me dire c'est qui l'abruti fini qui s'est dit un jour : tiens, je vais tricoter un gros chat dans un gilet de laine et je vais lui coller des yeux en plastique qui bougent. Hein? C'est déplaisant de voir ça. C'est pas quioute, c'est dé-plai-sant.

Ah oui, pis y'a ceux qui en font la collection hein. Des ramasse-poussière, en veux-tu en v'là. Et là, je sais que certains vont dire : oui mais moi, c'est pas des petits bibelots achetés chez Dollorama. C'est des beaux objets. En bois ouvragé. Peints à la main par Madame Francoeur, une artiste de Charlevoix. On s'en tabarnaque! C'est quétaine!

Et c'est sans oublier les PowerPoint niaiseux qu'on nous envoie à tour de bras. Lâchez-nous viarge! On n'en a pas assez des photos quioutes, faut que vous rajoutiez des intertitres gnochons. C'est assez! Vade Retro Quétainas!

Bon. Astheure.

Je vous présente le plus beau chat du monde. Il s'appelle Léo, il va avoir sept ans le quatorze février (ouuuiiii je sais, c'est quioute hein) et il vous fait dire wawouaw-mawoaowow*. Non mais quelle bouille.


__

* Léo. Pfft. Un nom de merde, je sais.

9.5.09

AIMER TOUT OU RIEN AIMER?

- Quand je dis que j'aime ben des affaires ça ne veut pas dire que j'aime tout. Je n'aime pas tout. Ceux qui aiment tout n'aiment rien. Faut pas avoir beaucoup de goût pour aimer tout. Ça ne prend pas beaucoup de cervelle ni de sens critique ni de culture ou appelle ça comme tu veux pour aimer tout.

- Ceux qui aiment tout sont des crétins?

- J'ai pas dit ça.

- C'est ce que ça voulait dire.

- Pas tout à fait. Y'a un peu de ça, mais...

- Un peu? C'est ça, point.

- Non. Pas point. C'est pas que ça...

- Ça ne prend pas beaucoup de jugeotte ni de culture ni de j'sais pas quoi d'autre pour aimer tout. C'est exactement ce que t'as dit. Ça veut dire quoi d'autre que ça, d'après toi?

- Tu veux pas parler de la température plutôt?

- Ah non. Fuck la température. Donc selon toi, quelqu'un qui aime, sans distinction aucune, Jeff Beck et j'sais moi, Enrique Iglesias, c'est un taré?

- Oui. Nécessairement.

- Y'a pas de circonstances atténuantes?

- Pourquoi faudrait-il atténuer?

- C'est peut-être féminin ça. On voit le bon - même dans tout.

- Attends. C'est illogique. C'est n'importe quoi. Ça marche pas.

- Toi il faut toujours que ça marche, hein?

- Le gars est un fan de Jeff Beck, mais de temps en temps, y file romantique fac il vole le cd de Enrique Iglesias à sa blonde? Ha!

- Le cd de sa blonde? Pourquoi il appartiendrait à sa blonde, le cd de Enrique Iglesias?

- Parce que c'est de la musique de fille.

- Non non. Attapeu. Disons que la fille, elle hayit ça, Enrique Iglesias. Elle préfère Rammstein. C'est son chum qui a acheté le crisse de cd de Enrique Iglesias dans un bac à cinq piasses au Music World en 1993 pis il l'écoute de temps en temps, quand il file mielleux. Elle, elle a honte de lui quand il fait ça.

- Ha! Impossible!

- Ah ouin? Impossible pourquoi?

- Un gars peut pas aimer Enrique Iglesias.

- Pas moyen de parler avec toi.

- Tayeule.

- Va chier.

- Va t'acheter un cerveau.

- On mange quoi pour souper?

- J'sais pas. Y'a un reste de poulet.

- J'ai envie de te baiser très fort.

- Avec des haricots, ça te va?

4.4.09

DES DÉFIS ET DES FLASHES

Pis?

Pis quoi? C'était pas si difficile, finalement. Super. Je vais vivre dix ans de plus dans ce monde débile. (Soupir) Ahhh arrête ton cynisme. Je bois une tisane à la camomille. Une-tisaaaane-à-la-ca-mo-mille-crisse. (Rires) Donne-toi le temps de t'ajuster. Après, tu pourras te le permettre. Je fais rien que penser à ça. Tu dramatises. Ben oui je dramatise. J'ai-tu le droit de dramatiser si ça me tente? Défi Activia, défi All-Bran, défi J'arrête J'y gagne, Défi 10/30, Défi 15/20, 6/12, 4/36, hostie de défis du cul du colice, on peut-tu slaquer un peu? Défi Slaquage, c'tu correct ça? Bois, bois. Bois ton infusion. Ça va te faire du bien. Évidemment, toi aussi tu sais ce qui est bien pour moi. Ouaip. Ouaip? D'abord, va apprendre à parler. Après, tu viendras me dire ce qui est bon pour moi. T'es mal placée pour me dire comment parler, t'arrêtes pas de sacrer. Je sacre pas tout le temps. Souvent. Non. Pas si souvent que ça. Ah oui? Fais-moi rire. (Soupir) Tu vois en ce moment j'y pense. À quoi? Au bon vieux temps. Ahhh tu me fatigues. C'est comme une autre vie... lointaine... perdue à tout jamais. T'as pas le choix de changer tes habitudes pour le moment. Pis bon, entre toi pis moi, un petit break d'la SAQ ça te fait pas de mal. J'ai comme des flashes, ça arrive comme ça Bang! peu importe où je me trouve. Des flashes de... plaisir. C'est drette ça. C'est-tu pas écoeurant? C'est dans ta tête. Ben oui je le sais que c'est dans ma tête crisse! Tu vois, t'as encore sacré. Le tartare de véniriclane, je ne suis plus capable. Ça me fait faire des rêves de fou. Tout le temps. Je suis tannée, comprends-tu ça? Va t'étendre deux minutes. Okay. Mais checke ben ça. Je vais me mettre à faire des rêves de fou. Encore. Des flashes. De plaisir. En couleurs. En noir et blanc. Partout. Des flashes. Des ... Des ... Des ...







14.3.09

IL VOYAGE EN SOLITAIRE

Je sortais de Je me souviens.
Je buvais un Chaï Latte au soya en me disant c'est quoi c't'hostie de patente-là, c'pas que c'est méchant mais avec la musique en fond sonore, la serveuse trop zen pis le décor...
Me suis levée pour checker les livres usagés qui étaient à vendre.
Je furetais les titres, la tête penchée.
Puis y'a cette fille qui l'a dit à sa tchumme.
Me suis revirée de bord, l'ai regardée.
Uhm?
Ouais.
Okay ouin.
Je suis allée me rasseoir deux menutes.

Ça fait que c'est ça, tsé.
J'ai payé pis chuis partie.
Me chercher une bouteille de vin.
Que je vais boire tranquillement en écoutant kek morceaux.

Salut l'Grand.




Faites monter l'arsenic
Faites monter le mercure
Faites monter l'aventure
Au-dessus de la ceinture

Ouais. C'est drette ça.





Émotions censurées
J’en ai plein le container
Je m’accroche aux cendriers
M’arrange pas les maxillaires
Section rythmique, section de combat
Effets secondaires
C’est quelles séquelles
C’est tout ce qui me reste de caractère

Tête brûlée
J’ai plus qu’à m’ouvrir le canadair
N’essayez pas de m’éteindre
Je m’incendie volontaire
À l’analyse il ressortirait
Que je suis pas d’équerre
Vol de nuit sur l’Antarctique
J’attends la prochaine guerre

Jamais d’escale
Jamais de contact
Avec l’ordinaire
Perdu la boussole le compas
Erreur volontaire
Frôler des pylônes
Des canyons
Frôler l’éphémère
Si tu touches
Si tu te crashes
Tu rentres dans le légendaire
Réalité
Réalités
Punition exemplaire
Si c’est pour jouer les fugitifs
Moi je suis volontaire

Volontaire

17.12.08

ALMANACH DU PEUPLE

Je cherchais Starless and Bible Black sur Youmachin. Je venais de me souvenir qu'à la 11e minute 16e seconde, c'est bon en christ. Mais y'a rien avec Robert Fripp. Fac d'la marde, voici une recette de risotto.

1 oignon
1/4 de tasse de beurre
2 tasses de riz Arborio
1/2 tasse de vin blanc
4 tasses et demi de bouillon de poulet
1 tasse et demi de parmesan Reggiano râpé
poivre

1. Oignon, beurre. Suer.
2. Riz. Enrober.
3. Bouillon chaud. Ajouter à coups de 1/2 tasse.
4. Attendre en buvant l'autre moitié de la bouteille.
5. Fromage. Ajouter.
6. On se laisse aller. Asperges. Champignons. Whatever. Des roches, si vos convives vous tapent sur le système.

Ah. Tiens. On rigole bien des joe-machin. Pas là, là. Mais de temps en temps, tsé. Le plus connu, c'est le ti-joe connaissant. Mais y'a aussi le hey-joe-I-said-where-do-you-go-with-that-gun-in-your-hand, très connu également certes, pis ça me tentait de l'entendre parce qu'il me tape moins sur les nerfs.

10.10.08

UN GROS BUCK DANS' BOÎTE DU TRUCK


Jean-Guy ne s’attendait pas à payer le gros prix. En montant à Clova, Réjean lui avait dit tu l’entends pas ton rattle ? T’es sourd ou tu fais à semblant ? Ça a pas d’allure, Jean-Guy, y va falloir que tu y vois. J’entends rien, moi, que Jean-Guy répétait. Il s'est efforcé de rire pis y s'est étouffé noir. Ben voyons donc. Avoir su ça, on se serait arrangé autrement. Y’a pas de quoi s’énarver, Réjean, on va se rendre, on va se rendre... Mais l’autre, y en rajoutait tout le temps : T’es sûr que tu veux pas t’arrêter, on pourrait faire checker ça… Non, non, non. Inquiète-toi pas. On va s'arrêter pour manger une patate t’à l’heure pis le moteur va prendre ça easy un petit peu. Ça va être correk... Ouain, ben penses-y ben comme il faut, parce que tu ne trouveras pas personne pour te donner un coup de main, une fois qu’on va passer les 40 miles de garnotte pour se rendre au camp. J’te dis que tout est correk. T’as peur que je scrappe ta semaine à’ chasse ? Si j’te dis qu’on va se rendre, c’est qu’on va se rendre. Pis on va même redescendre avec un gros buck dans’ boîte du truck ! J’te le dis, moé.

Réjean n’est pas convaincu. Clova, c’est pas la porte d’à côté. Jean-Guy veut pas le dire, mais il l’entend, le rattle, lui aussi. C'est ben certain. C’est pour ça qu’y grimpe le son de la radio pis qu’y fait à semblant que tout va bien. Mais il l’entend pareil, pis fort à part de tça. Y'a la petite lumière rouge qui vient de s’allumer, le moteur a d’la misère. C’est le show des lève-tôt, à CFLO Mont-Laurier, et y’a Julie qui annonce moins douze degrés pour c’te nuitte.

Christ, Jean-Guy, que Réjean dit.

C’est vrai que ça’ a pu de bon sens. Jean-Guy parle pas, mais y pense en sacrament. C’est garanti qu’on se rendra pas. C’est pas rien qu’un rattle, qui se dit, c’est plus sérieux que ça.

La pancarte du Lac Saguay leu’ passe sous le nez. Au virage, drette dans une toune d’Isabelle Boulay, la machine donne deux trois à-coups et s’affole. Jean-Guy a perdu le contrôle. Le pick-up patine su’a chaussée, semble attiré par le fossé. Réjean est su’l gros nerf, y’empoigne le steering. Jean-Guy, christ ! Pourquoi tu m’écoutes pas quand j’te parle ? Colice de bucké à’ marde ! En moins de temps qu’il faut pour le dire, y garoche son Export’A par la fenêtre pis y pèse su’l genou de son compagnon de chasse. Le pick-up s’immobilise. Colice, Jean-Guy ! J’te l’avais dit ! Ostie de viarge de colice !

Réjean s’en veut, c’est ben sûr. D’être là. De ne pas être parti à chasse avec un autre gars que Ti-Guy, pis sa machine pourrie. De ne pas avoir pris son truck, son beau Chevrolet Kodiak de l'année. Mais la garnotte, c’est pas bon pour la peinture flambette. Le sang chéssé dans’ boîte du truck, ça fait pas propre. Y s’en veut aussi – mais ça, il ne le dira jamais - de ne rien connaître aux fuck mécaniques. L’entretien, les mises au point. Pour lui, c’est du chinois. Mais là, quand même, y’a un maudit boutte à toutte. Ti-Guy, y’é pas à son affaire pantoute.


Ti-Guy?


* * * * *

Vers l’heure du midi, le téléphone sonne chez Ghislaine. Acceptez-vous les frais, qu’on lui demande. Ben oui. Elle brasse sa sauce à spéghatti. Allô ? Réjean ? Vous vous êtes pas rendus ? Y’é où, mon Ti-Guy ? qu’a demande.


Y’a faite un infractusse du myocarpe en montant. Inquiète-toé pas, Ghislaine. Y devraient le réchapper.