C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

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16.7.16

LA VÉROLE SUR VOS GUEULES






On se relève de ça ? On se relève de tout même des chutes sans fond.

Et même des immondicités.


27.9.09

COMME UN GROS VENT FRETTE

Pour reposer mon aorte je voulais voir des couleurs.

Pour en avoir, y'en avait.

Mais je ne les ai pas vues.

J'en ai marché une shot pourtant. Elles étaient là, tout autour. Y'aurait juste fallu que je lève ma tête un peu pour les voir.

Que je lâche la garnotte des yeux. Que j'enlève mon capuchon.

Et que je pense à autre chose.

Mais comment tu veux penser à autre chose?


Y'en a un que j'appréciais plus que l'autre... Mais trente-six ans tabarnak. Trente-six...

...

Quand.

Quand un écrivain.

Quand un écrivain n'arrive même plus à sublimer sa souffrance d'exister en se vouant à la seule chose qui le fasse se sentir vivant et singulier, c'est-à-dire... écrire.

Que lui reste-t-il crisse?

Nelly, Nelly.


Nelly Arcan 1973-2009


* * *

Près de la Mastigouche, la connection passe mal. Ça m'a pris une demi-heure à télécharger la page d'un cyberjournal comme du monde. J'ai eu le temps de regarder les oiseaux dans la mangeoire à travers la fenêtre, d'aller me faire un refill de café moitié-lait moitié-crème, et de revenir m'asseoir devant l'ordinateur pour lire une phrase de quatre mots qui m'a rentrée dedans comme un dix-roues de pierres concassées en pleine descente.


Pierre-Falardeau-est-mort.

La brume est montée comme au petit matin en plein soleil. Dans mes yeux. De la rosée mouillée qui gruge des rebords de pantalon. Dans mes yeux.

Un gros vent frette.


Frette.


Qui souffle à travers les murs et qui te pogne au coeur.


Frette comme dans les gros frettes de janvier.

Pierre Falardeau, c'est le père que j'aurais aimé avoir.

C'est con. Mais c'est ça.

On l'avait invité à notre cégep. Pour une conférence.

J'étais dans l'asso et j'étudiais en cinéma. Ahhh. Le cinéma québécois, c'était mon dada. (Et ce l'est toujours, soit dit en passant.) Je me souviens de l'avoir raccompagné dans le stationnement, parce qu'il l'avait demandé : j'sais-pas-y'é-où-mon-char, et on avait jasé un peu lui et moi. Ouain. De tout et de rien, comme c'est possible de le faire en l'espace de cinq, dix minutes. J'avais joué la fille relaxe et pas impressionnée, et vous savez quoi, je crois que ça avait marché. Pourquoi? Parce qu'il était authentique et pas intimidant pour cinq cennes. Il était affable et sympathique. Souriant. Naturel. Drôle. J'ai dit quelque chose comme Salut! avant de tourner les talons et il m'avait souri, si gentiment que je m'en rappellerai toute ma vie.

Salut Pierre. Salut Pierre Falardeau.

Pierre Falardeau 1946-2009

6.1.09

NATIVE MOMENTS

Quand elle sortit sa carte de membre, Pascale voyait bien que quelque chose n’allait pas. Les bibliothécaires se jetaient des regards code violet du genre paix-troublée-dans-lieu-sacré. Un usager crut bon leur dire bah, un gars qui se parle tout seul. Mais c’était trop tard. Le gardien de sécurité se pointa pour virer le pauvre type qui ne faisait que manger une barre Mars dans le hall d’entrée.

Vos livres sont dus pour le 27 janvier.

Okay. Merci.

En sortant de là elle croisa le mec qui, en beau joual vert, s’en prenait au monde entier en vociférant quelque diatribe inintelligible. Elle le regarda avec insistance, comme si elle souhaitait qu’il lui adresse la parole, mais non. Il disparut au MacDo.

J’filais tchille, tant pis pour lui.

Et elle entra dans la petite succursale de la Société des Alcools, non loin de là. Son sac lui sciait l’épaule.

I dance with the dancers and drink with the drinkers,
The echoes ring with our indecent calls, I pick out
some low person for my dearest friend,



qu’elle lut par hasard en attendant de passer à la caisse.


25.9.08

LES MORTS SONT MORTS



Trois témazépams, et je file tout droit au pieu. J'sais pas quel innocent m'a refilé la crève - mais si je le vois, je lui réserve une quantité de glaire verdâtre que je le lui offrirai par un bouche à bouche s'il le faut. Et ne manquerai pas ma shot.


"Attache-toi au ras le cou," comme dit souvent ma grand-mère soucieuse de notre insouciance, cette super woman qui en a vu des tragédies du haut de ses 83 ans. Mari qui s'éteind en 1982. Fils qui met fin à ses jours en 1988 - et quelques minutes plus tôt à ceux de sa blonde. Pour des raisons obscures. Front page d'Allô Police, photographies à l'appui - c'est-tu pas écoeurant, ça. Quatre ans plus tard, son aînée décide d'aller les rejoindre. Lui ai demandé, un jour, à cette superwoman toujours souriante - les yeux pétillants mais fatigués - qui est tough sans bon sens : "Comment tu fais, grand-m'man?" Elle n'a pas pris de temps pour répondre - comme si c'était une évidence pour elle : "Les morts sont morts. Moi je m'occupe de mes vivants." Ça m'en bouche un coin à chaque fois que j'y pense.

Rita, you rule.