C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

6.9.08

LA CATIN

Amenez-moi un vingt cinq sous zéro bout de viarge, chu écoeurée d'la chaleur.

Ouvre les fenêtres, ferme les fenêtres, ouvre les fenêtres, ferme les fenêtres. Pas le choix quand on ne veut pas de visiteurs nocturnes qui auraient l'idée de passer par le balcon. Y disent ça, à la tévé, faut fermer nos fenêtres comme du monde si on ne veut pas en voir ressoudre pendant qu'on dort. Ça fait qu'hier soir, j'ai tout fermé - comme du monde - comme d'habitude. Pas délicate délicate moi. La porte patio, faut lui donner un maudit bon swing pour que le verrou clenche comme du monde. Ça fait bang, pis là ça clenche. Sauf qu'hier, mon pouce se la jouait intrépide et quand ça a fait bang, ça a fait bang. Ou crounch. Il ne l'avait pas vu venir, celle-là.
Il faisait chaud en joual vert dans mon espace hermétique. Me suis dirigée pronto vers la pharmacie, "osti de colice de christ!", le pouce dans l'eau froide qui semblait me dire chui tata m'escuse. Je sais, c'est pas beau sacrer. J'essaie d'éviter. M'en tiens aux sacres de cognage d'orteils et autres nécessités. Comme par exemple quand je veux manifester ma rogne contre quelqu'un ou quelque chose qui me tient à coeur.

"M'escuse". Pfff. C'est tout ce qu'y a trouvé à dire. Je n'aime pas le favoritisme, mais le pouce droit, quand t'es droitière, c'est quand même quelque chose. Un pouce droit, quand t'écris de la main droite, c'est fort utile. Pas juste pour écrire. Pour un paquet d'autres affaires. Je pourrais m'éterniser sur une liste, mais ça serait trop long. Quand il se passe quelque chose dans notre vie, n'importe quoi, j'sais pas moi, pis il faut qu'on bouge rapidement, sans s'en apercevoir, qu'est-ce qu'on fait? La main maître bouge en premier, s'empare de quelque objet et les doigts y vont franco parce que c'est ça qu'ils font depuis des lustres. Y se disent pas wowo attention, ça pourrait faire mal, joe le pouce droit est ouvert béant ça va résonner dans tout le corps watch out le sang. Bref, ça tient à coeur. Et ça valait donc quelques jurons.
Moi, je ne disais plus rien. Je commençais à avoir royalement chaud. J'aime pas ça, le sang, que voulez-vous que je vous dise! Et là, on aurait dit que j'avais l'aorte dans la paluche. Ça pulsait comme une rage de dents qui rend fou. Ma main gauche fouillait la pharmacie, brave fille, à la recherche d'un truc de circonstance. Peroxyde? Paraît que c'est dépassé. Alcool à friction? Idem. Y disent que ça ne devrait même plus exister dans nos trousses maison. Faut laver les plaies à l'eau et au savon, comme il faut, et puis basta. Ou avec du Enacéelle. De l'eau pis du sel! J'avais la tête qui tournait, comme quand je me suis évanouie dans un cinéma de Rouyn-Noranda le printemps dernier. Faisait chaud, j'étais en sueur. Me suis levée de mon siège et j'ai juste eu le temps de sortir de la salle, ça silait dans ma tête et vlan! par terre, black-out. Puis mon corps avait fait équipe ensemble pour me faire ramper jusqu'aux chiottes, là où je vous épargne des détails peu ragoûtants. C'est à ça que je pensais hier, pendant que ma main gauche essayait d'être serviable. Elle a eu le temps de me trouver un Non-Adherent Dressing de 3 par 4 pouces et une rondelle de tape avant que mes membres inférieurs ne décident de flanchir juste ce qu'il faut pour s'asseoir sans tomber. Du Enacéelle, cibolac! Avoir su ça avant, dans le temps que j'étais au cégep par exemple, je n'aurais jamais osé déverser de la vodka sur une plaie de pied... Quelle gâchis! Quel gaspillage! Je me l'avais joué cowboy, le pied dans le lavabo, à croire que j'allais désinfecter ça ben comme il faut! Avoir su...
Ah salvatrice sensation que celle procurée par un plancher de salle de bain! La froideur des carreaux de céramique quand on s'y étend de tout son long... qui n'y a pas goûté un jour ou l'autre dans sa vie? Léo s'est approché de mon cadavre et il s'est mis à me renifler le front. Il pensait peut-être que je voulais jouer. Pendant que j'oeuvrais à une catin de fortune sur mon pouce endolori qui s'entêtait à saigner encore, je sentais ses vibrisses me chatouiller. Ma main gauche a pris un break, tandis que mon pouce droit me soufflait toujours des m'escuse, m'escuse. Fallait maintenant que je me traîne jusqu'à mon lit. J'ai dit Ok la gang, un dernier coup de coeur - comme quand mon père voulait que je l'aide à couper des palettes pour en faire du bois de chauffage - et je me suis relevée, pour aller me recoucher plus loin, dans ma chambre où il fait frette. Le climatisateur était à fond, réglé à 20 degrés Celcius.
Hier, il faisait quoi, 35 dewor? Amenez-moi un moins trente pis je ne chialerai pas, c'est promis.

11 commentaires:

É. a dit…

Mort de rire. À rapprocher d'un texte sur le même thème déstructuralo-anatomique chez Nougat il y a quelques mois, et d'une scène d'anthologie dans Le Locataire de Polanski. Chais pas si tout ça sonne des clochettes ou cloche des sonnettes, mais euh… Bref, stie de bon texte.

McDoodle a dit…

Euh... toc toc ?
Ahem. Bonjour, pour y aller direct, ben voilà, je t'ai tagué.
Un truc rigolo. Mais bon, t'es pas obligée de montrer dans quel dash tu fesses. Mon message aura tout de même passé.

Salut!

sandra gordon a dit…

É., merci pour le commentaire - ça fait du bien par où ça passe. Ai lu le texte de mme Nougat ce matin. Entre les cuticules massacrées et les ongles striés et en triangle, on aurait de quoi se jaser ça, en effet. Soit dit en passant, je m'incline devant la beauté du bureau-mobile. Comment peut-on accoter pareille chose? L'audace du gars est pas mal non plus. Bonne continuation.

Mcdoodle, comme je le disais ailleurs qu'ici, est sweet ta motivation à me tagguer. La photo viendra, donc, j'sais pas quand par contre. En néophytiesque blogeuse, ce qui vous prend tous 4 secondes à patanter m'en prendra certes 4 heures...et ne me laissera donc point le temps d'effectuer un nettoyage même éclair sur la surface dudit bureau. Mais je présume que c'est le but de la chose : zyeuter le foutoir des autres. Rigolo, le truc, en effet. Salut!

McDoodle a dit…

T'inquiète, ça m'a pris pas loin de 4 h même si je suis assise devant un ordi depuis près de 20 ans. Je m'éparpille dans l'temps !

Que Grand Bonheur, avec ses p'tits, t'accompagnent.

sandra gordon a dit…

Voilà qui me rassure.

Gaétan Bouchard a dit…

Je ne connaissais pas ta cour à scrap, mais là, sacrement, va falloir que je revienne la visiter souvent. C'est vivant en st-chrême. C'est pas de la christ de littérature poche de supermarché, ni du travail de cégépien qui vient de découvrir Anatole France.

sandra gordon a dit…

(Rires) Merci Gaétan! Des commentaires de même... c'est pas mêlant, ça me donne le goût de trinquer. Santé? Nah...

Juste pour toi m'en vas dire :
Chin, Chin, bout de côlisse!

Gaétan Bouchard a dit…

Je lève ma poche de thé Salada et je te dis Chine, Chine.

Tes sacres sont trés réussis.

C'est rare le monde qui sacre comme du monde.

sandra gordon a dit…

Ah ben! C'est ben la première fois qu'on me la sort, celle-là. J'la prends comment? En tant que fille, tsé, c'est pas ben beau sacrer... Mais je m'assume. Kek sacres bien sentis, y'a rien qui accote ça.

Gaétan Bouchard a dit…

C'est un compliment. Ma blonde sacre aussi. Toutes les filles qui sacrent sont smattes.

Évidemment, on n'est pas obligé de sacrer tout le temps. Le vocabulaire est plus riche que ça, mais un de temps en temps, bien senti, bien placé entre deux virgules ou bien à la fin d'une phrase, ça fesse en tabarnak.

sandra gordon a dit…

T'as raison, Gaétan.