2.10.16
10.5.11
SANTÉ! MENTALE
D'autres fois ça prendrait ça.
Ou ben ça.
Mais des fois ça prend plus que ça.
Je sais, je sais. Il fait beau dehors. Mais ce truc est intéressant. Rigolo par bouttes, touchant par d'autres. Pis paraît que mai est le mois de la santé mentale. Comme si le reste de l'année, tsé, anyway. Le trois fait le mois, le cinq le défait, le sept le refait. Le dix, fouillez-moi, j'en sais trop rien. Pis le onze, le quinze ou le vingt-deux, ben, on verra bien.
11.4.11
8.3.11
MANCHES DE COUTEAUX ET AUTRES PECCADILLES DANS LE GENRE
Refuser la mort de l’animal d’élevage, c’est refuser la mort tout court, c’est refuser la vie. Le plus tard possible, pour les animaux d’élevage comme pour tous ceux que nous aimons et pour nous-mêmes, est évidemment préférable parce que, vu de près, dans le processus de démantèlement des corps, la mort a évidemment une très « sale gueule ». Ainsi, dans le film Le sang des bêtes de Franju, les coups de hache sur les cornes de la vache abattue, ou la fente des lèvres du cheval mort sont aussi difficilement supportables que la vision de l’acte de tuer l’animal d’un coup de merlin sur le front.
En élevage, comme dans nos rapports actuels à la vie, et comme l’exprime Louis-Vincent Thomas, la mort est un événement à conquérir. Nous prenons la vie de l’animal comme la mort nous prend. Majoritairement, nous ne choisissons pas l’heure de notre mort. Avec une différence essentielle, cependant, et qui renvoie au sens de la mort et à la dignité : parce que nous avons décidé sa mort, parce qu’elle n’est pas le fait du hasard, le corps de l’animal d’élevage mort n’est pas un cadavre, objet fini promis au pourrissement, mais un corps mort sur lequel les hommes vont effectuer un travail de re-création. C’est ce travail sur le corps de l’animal, en tant que travail de vie (le terme « viande » est issu de vivere : vivre) qui donne son sens à la mort de l’animal. Dans nos aliments, dans le cuir de nos chaussures ou de nos vêtements qui nous collent au corps comme une seconde peau, dans la corne d’une vache posée sur notre table, dans le manche d’un couteau, dans la queue du lapin portée autour du cou comme un fétiche… , dans toutes ces parts animales disséminées dans nos vies, nous proclamons que nous n’avons pas tué l’animal pour rien, qu’il est toujours pour nous, en nous, dans nos muscles et notre sang circulant, sur nous, et dans notre esprit, dans nos histoires et dans nos rêves.
Tout devrait donc être mis en œuvre pour que la mort de l’animal soit donnée dans la dignité, pour l’animal et pour nous-mêmes. »
Et je ne suis pas végétalienne.
Page 278 :
« ... Et que la vache qui broute, tête baissée, surpasse n'importe quelle statue...»
— W. Whitman, Feuilles d'herbes, p.123.
20.12.09
1.6.09
OH NON MONSIEUR
Ça, ça met la pêche. Surtout à deux doigts de ranger le tablier, paqueter mes petits et charroyer mon moi kekpart ousskia rien à part une table, une chaise, une corde de bois et une soixante watts ploguée sur une batterie de char. Au diable la carte Opus. Je vais me faire des toasts su'l poêle à bois, me lever avant le soleil, siroter mon café dans ma belle tasse du Refuge Pageau, m'asseoir sur une galerie toute croche. Y'aura beau faire moins dix, pleuvoir des cordes, ce sera le dernier de mes soucis parce que la seule chose que j'aurai en tête c'est mon petit moi. Mon petit moi tu-seul. L'ennui n'existe pas pour les solitaires. Oh non monsieur.
28.1.09
PANACHE
Mais j'suis tombée sur ça. Ayoye, que ça m'a fait.


Kesse-tu veux. On a un coeur ou en n'en a pas.
Paraît que c'est ça la vie.
4.1.09
5.10.08
SONNEZ LES MATINES

Fernand Séguin : Le premier qui a assuré votre succès, là… On The Road. Vous êtes devenu le fondateur de la Beat Generation. Qu’est-ce que c’était, la Beat Generation pour vous ? Parce que tout à l’heure, euh… on disait de vous…
Jack Kerouac : Ben y’avait la Lost Generation de 1920… pis c’était 1940-1950… pis on disait qu’est-ce qu’on va appeler ça, qu’est-ce qu’on va appeler ça ?
FS : C’est vous qui l’avez inventé, ce terme-là… Beat Generation ?
JK : J’attendu… ouais… J’attendu des vieux vieux bonhommes dire ça dans le su’, des vieux nèg’, « Beat ».
FS : Dans le sens de… écrasés ? Vaincus ?
JK : Oui. Pauvres. Après ça, j’ai été dans la petite église de Sainte-Jeanne-D’Arc. Pis tout d’un coup, j’ai dit Ha-Ha ! Beat… Béate.
FS : Béatitude ?
JK : Ouuuh.
FS : Ça a changé de sens alors dans votre esprit…
JK : Beato en italien. Beato. Béatifique en français.
FS : Mais est-ce qu’y avait pas aussi le sens de Beat (Il claque des doigts) de l’orchestre Jazz ?
JK : Ouais… pis le sens de tça (Il rame) pis de tça (Il rame toujours). Comment qu’on fait ça ? Les canous ?
FS : Les canots.
JK : Pis le drum. Poum tchouk poum. Pis euh… toute… C’pas important. Le nom est pas important.
FS : Mais, euh…
JK : Les enfants sont importants.
FS : Mais vous dites que le nom est pas important, mais vous refusez d’être appelé un Beatnik. Vous n’êtes pas un Beatnik ?
JK : Le Beatnik, c’est un terme euh… ouh… ouh… J’avais un beau mot pour celui-là. (Rire général) Dénigrateur ? Denegrading ?
FS : Péjoratif ?
JK : Péjoratif !
FS : C’t’un beau mot !
JK : Inventé après spoutnik. Tsé, pour faire avoir d’l’air les ti-idéalistes de l’Amérique qu’y font de l’indépendance… d’avoir d’l’air comme des Russian spies. Nik. Beatnik. Spoutnik. Peacenik.
FS : En somme, ce que vous voulez dire, c’est que… à partir du mouvement de la Beat Generation, qui était un mouvement littéraire et même un mouvement poétique…
JK : Politique ?
FS : Poétique.
JK : Poetic ?
FS : Oui.
JK : Ben littéraire, c’est poétique !
FS : Mais je veux dire de la prose et puis des vers, aussi. Des choses qui…
JK : Ah oui, ah oui. Des verses. On dit pas « verses » ?
FS : Vers.
JK : Ah yeah ?
FS : À partir de…
JK : Pourquoi d’abord qu’on dit pas « verses » ? Humf. (Rire général)
FS : Pourquoi pas ? Y’avait de la prose pis y’avait du verse.
JK : Oh boy !
FS : À partir de ce mouvement central, qui lui était littéraire disons, y’a des parasites qui sont arrivés. Des gens qui ont voulu faire semblant de faire partie de ce mouvement-là. Et qui eux étaient des…
JK : Des bohemians. Des bohemians y’ont arrivé avec leur barbe pis leurs sandales, placés tout alentour, toute la nuitte, pis y m’watchaient. Pis ci, pis ça, pis.... Y faisaient pas rien. Pis y travaillaient pas, pis... On a toute travaillé, les écrivains ! Toutes sortes de jobs… J’étais un journaliste une fois. J’t’encore journaliste… Pis euh… Ça a donné un… c’est plus important que ça. J’tais fâché à propos de ça, y’a dix ans. Quand les bohemians y’ont rentré. Mais après ça, les jeunes y’ont commencé à renter. Astheure, ils s’appellent Now Generation… Action Generation ou ben… sans nom. Love Generation. LSD Generation. Mais, c’est des enfants aujourd’hui, les nouveaux. 18, 19, là. J’sais pas qu’est-ce qu’y vont faire mais… moé, j’suis assez vieux pour être leur père, là.
FS : Oui, ça c’est …
JK : 45 !
FS : C’est le diable qui se fait ermite, là.
JK : Hein, le quoi ? (Rire général)
FS : The devil that turns hermit.
JK : Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?
FS : Maintenant que vous…
JK : Le diable devient ermite… Y’a jamais été ermite, c’t’orgiastre-là. Hé Hé.
FS : Maintenant que vous avez 45 ans, là, vous regardez les jeunes pis vous dites ben euh, j’pourrais être leur père.
JK : Les nouveaux jeunes… sont fins. Pis y cherchent de quoi.
FS : Si vous aviez 20 ans aujourd’hui, est-ce que vous referiez la même chose que vous avez faite ?
JK : Ben, je l’ai déjà faite, j’suis tanné. (Rire général)
FS : Dernière question, en 30 secondes. Qu’est-ce que Jack Kerouac pense de Jean Kerouac ?
JK : Euh… Qu’est-ce que ça veut dire ça ?
FS : What do you think of yourself ?
JK : Oh ! Qu’est-ce moé je pense de moi-même ?
FS : Oui !
JK : Je suis tanné de moi-même. Ben, j’sais que je suis un bon écrivain. Un grand écrivain. J’suis pas un homme de courage. Pis euh… Mais y’a une chose que je sais faire, c’est écrire des histoires, c’est toute.


