C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

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24.10.18

LA VIE EST AILLEURS

Comme le titre d'un roman de Kundera que j'aime beaucoup.

Sous l'armure, eh bien... il n'y a aucune armure qui vaille.

Il n'y a que du vif. Du bien, bien à l'air, au vif.






Il détestait la lâcheté qui fait de la vie une demi-vie et des hommes des demi-hommes.


Belle découverte, ce Jean-Michel Blais.  Moui.


1.12.10

SALUT


Ces temps-ci je me sens comme ça. Rien à voir avec le titre. C'est l'image. Qui m'a fait penser au titre. Qui m'a fait penser à l'image. Et à l'histoire. Puis à l'image. Anyway.

Je ne vous ai pas raconté ça hein. Mais je devrais. Ça me ferait du bien de m’en rappeler. Surtout en ce moment.

Au Salon du livre. Dimanche après-midi. À cinq minutes de mon heure. Je suis tombée sur ma sœur équipée de son kodak, moi j’arrivais tout juste de saigner du nez dans les toilettes du 1000 De la Gauchetière. Le temps de lui dire que je préférerais être dans le fond des bois, quelque part entre Grand-Remous et Mistassini, on est venu me dire que quelqu’un m’attendait déjà à ma table. J’ai jeté un coup d’œil furtif.

Nan, ce n’était pas ma grand-mère.

Je ne le connaissais pas. J’ai ramassé mon courage, je me suis mouchée une énième fois, et je me suis dirigée vers ma table. J’ai enlevé mon manteau, déposé mon sac sur une chaise, et j’ai tendu la main.

— Salut!
— Salut!

J’étais mal à l’aise comme la Mort, en supposant que la Mort possède des sentiments malgré ce qu’on peut en penser, qu’en sais-je anyway, hein, et j’ai tenté le faciès de la fille-relaxe-malgré-l’angoisse-le bruit-l’éclairage des néons-les comprimés de machin antitussif-et-autres-nombreux-anxiogènes.

Il se présente, un exemplaire de mes corpuscules entre ses mains, et me raconte pourquoi il est là.

— Je sors de thérapie. Je suis un alcoolique. Ton livre m’a touché. J’ai pas envie de finir comme Korsakoff.

Vlan.

Y’avait beaucoup de monde qui déambulait autour de nous, beaucoup de bruit. J’avais une bouteille d’eau pas loin, des pastilles Halls au cas où je m’étoufferais (les noires, les plus fortes), des cadavres de mouchoirs dans une poche, ensanglantés pour la plupart, et un Bic Ultra Round Stic Grip à quelque part dans le fond de mon sac. Mon champ de vision de 180 degrés s’est rétréci pas mal vite. À ma gauche je voyais le pot de fleurs jaune-orange qu’on avait placé à ma table, et à droite, du monde flou. Pas mal flou. Entre les deux, je le voyais lui qui me parlait du syndrome de Korsakoff qu’il avait l'air de bien connaître, et de mon livre qui l’avait aidé à passer au travers.

Je ne me souviens plus de ce qui est sorti de ma bouche parce que ça a jailli direct du cœur.

Quand j’ai enfin mis la main sur mon stylo à quelque part au fond de mon sac, d'une main ébranlée, je lui ai dédicacé un truc sans fin.

On a jasé un bon dix minutes.

Assez pour que mon envie de fond des bois disparaisse.

Je l’ai remercié, il est parti.

Et je le remercie encore.

6.11.09

SUCCESSION DE SONS

De la musique contre les conflits.

C'est une belle idée.

Une belle idée trouvée ici et , chez des gens dont j'apprécie l'humanité honnête et la personnalité.

Masters of War de Bob Dylan.

Chantée par Eddie Vedder v'là longtemps, à l'époque où je l'aimais bien.




Masters Of War

Come you masters of war
You that build all the guns
You that build the death planes
You that build the big bombs
You that hide behind walls
You that hide behind desks
I just want you to know
I can see through your masks

You that never done nothin'
But build to destroy
You play with my world
Like it's your little toy
You put a gun in my hand
And you hide from my eyes
And you turn and run farther
When the fast bullets fly

Like Judas of old
You lie and deceive
A world war can be won
You want me to believe
But I see through your eyes
And I see through your brain
Like I see through the water
That runs down my drain

You fasten the triggers
For the others to fire
Then you set back and watch
When the death count gets higher
You hide in your mansion
As young people's blood
Flows out of their bodies
And is buried in the mud

You've thrown the worst fear
That can ever be hurled
Fear to bring children
Into the world
For threatening my baby
Unborn and unnamed
You ain't worth the blood
That runs in your veins

How much do I know
To talk out of turn
You might say that I'm young
You might say I'm unlearned
But there's one thing I know
Though I'm younger than you
Even Jesus would never
Forgive what you do

Let me ask you one question
Is your money that good
Will it buy you forgiveness
Do you think that it could
I think you will find
When your death takes its toll
All the money you made
Will never buy back your soul

And I hope that you die
And your death'll come soon
I will follow your casket
In the pale afternoon
And I'll watch while you're lowered
Down to your deathbed
And I'll stand o'er your grave
'Til I'm sure that you're dead

MASTERS OF WAR ALBUM : "THE FREEWHEELIN' BOB DYLAN" - 1963


Cheers, pis bonne fin de semaine. J'vous aime.

Chuis brûlée, déjà pétée.
Mais pas chuis pas encore morte du H1NÉ.

15.10.08

CAP VERS LE NORD

Stéphane, y trippe sur Richard Desjardins. De temps en temps, quand y file pas, y couche dans son char. Juste de même, pour le kik. Y s’installe au boutte du chemin, près du gros chêne millénaire, pis y met ses cd dans l’tapis. Pis c’est pas des copies.

Mais en général, Stéphane s’ennuie. Y’a personne dans vie. Y se promène au centre d’achat, avec son lecteur mp3. Que des tounes encodées de Richard Desjardins. Eh oui, c’est ça la vie. Les mulots, les colibris, les papillons, les canards. Stéphane pète une coche et entre dans le petshop. Avez-vous des chiens mexicains ? La fille comprend rien. Des quoi ? La laiiiiiiiiiiiiiiisse d’un chien. La fille fait des yeux à son boss, qui rapplique au plus vite. Stéphane se met à varger sur le comptoir. C’t’un beau piano, ça, hein ma Rose-Aimée ? Tiens kiss my ass, la solitude ! Le gérant est nerveux. Les gens s’éloignent. Un enfant se met à brailler.

Stéphane stoppe net, se retourne. Monsieur, on vous demanderait de quitter le magasin. Mais Stéphane s’approche doucement de l’enfant. Nous aurons des corbeilles pleiiiiiiiiines, des roses noires pour tuer la haiiiiiiiiiiiiiiine. C’t’un fou, ça, christ ! crie la mère.

Quand y revient chez lui, y se dit toujours à soir, c’est un peu trop tranquille. Y’é tanné de faire la même affaire. Ça fait qu’y regarde sa map du Québec. Chibougamau ? Pas aujourd’hui Stéphane, t’es pas prêt encore. Où d’abord ?

Kanasuta….

M’en vas drette là, osti ! Rouyn-Noranda ! Kanaaaaaaaasuta, I’m coming !

Y’é fou comme d’la marde. Y ramasse deux trois affaires, embarque dans son char et fait cap vers le nord.

À mi-chemin, Stéphane a faim. Il s’arrête dans un IGA pour y acheter une pizza au tomate pis une douze de Wild Cat. C’est le show des couche-tard, à CFLO Mont-Laurier, et y’a Jean-Pierre qui annonce moins douze degrés pour c’te nuitte. Ça fait tilt dans sa tête, y devient toute énarvé. Y’é où mon mégaphone, y’é où mon mégaphone… C’est le vent du nord qui va percer mon jacket ! Heille, le vent du nord, tu veux faire ton smatte ? Tu veux-tu me tuer ? qu’y se met à crier. La sécurité l’a sorti. Stéphane est un incompris. Well let’s drink to that !

Y file romantique, Stéphane. Y se dit lucky lucky en osti d’en arriver là. Pis y se met à chanter. Ça fait longtemps que je t’atteeeends… Kanasuta ! qu’y rajoute, tout sourire. Le paysage défile lentement, Stéphane se rapproche du but. C’est beau, c’est long, c’est délicieux. Y tapoche sur le steering.

Je ne plierai que devant la beauté !

Y se répète ça trois quatre fois. Kanasuta apparaît tranquillement sur les pancartes. Droite, droite, les kilomètres s’égrainent, la route devient garnotte.

Je ne plierai que devant la beauté !

Y’en a qui disent que c’est là où les esprits se rencontrent. D’autres disent que c’est là où les diables vont danser. Kanasuta. Y’a la rivière, y’a le lac, y’a la forêt… Pis y’a le mont, aussi. Le mont Kanasuta. Stéphane arrive au boutte du chemin, après avoir suivi les indications.



Pis y s’arrache les dentiers.




Fffff'est fquoi, fça, tfafbarnakff ?!?!

...