C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

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8.10.15

GLOTTE

Je déteste ce mot.  Il manque de finesse. 

Écrit.  Ou prononcé. 

J'ai envie de crier des monosyllabes, comme dans les films d'épouvante.  Brûler mon tapis Welcome en caoutchouc.  Le laisser partir en sauvage, ou en ambulance.  Effouarer du FUN TAK sur ses six lettres laides.  Manger du Dilaudid comme des Rockets qui goûtent la craie sucrée un soir d'Halloween poche.

Boo-ouh-ouh.  Glotte. 

Glotte.





Bah. 

Du tapochage. 


La vie est belle anyway, hein.


15.11.08

LES MOUCHES VOLENT CROCHE

Banc de parc, cinq heures moins vingt. Je prends l'appéro dans un verre Tupperware pendant que le soleil se couche. Il fait ça drôlement vite, que je me dis. Bah. Au pire, j'ai ma tuque. Le terrain de pétanque est tapissé de feuilles mortes, les mouches volent croche, et des chiens se reniflent l'anus. Plus loin, un gars se pratique au lancer du javelot. Avec un bâton d'hockey. Y'a l'air saoul, borderline ou déprimé. Peut-être ben les trois en même temps. Un café, une rôtie! qu'il clame en poursuivant son chemin. Deux pas, un lancer. Ramasse. Garroche encore. Et s'en va. Journée morne et ordinaire. L'ai commencée à quatre pattes à vomir de l'ibuprofène, ai lavé les chiottes comme si ma vie en dépendait, et là, je sors ma tuque parce que c'est pas chaud. C'est pas chaud, mais on est ben. Paraît que je suis plus gentille quand j'ai mal au ventre. Pfft.

1.10.08

SLUDGE



En sortant du métro, un homme en complet veston me tend un flyer sur lequel on peut voir la tronche de Jack Layton. Je me dis C’est quoi ça ? Ah, c’est juste lui.

Le bras du gars est encore tendu. On dirait qu’il pense que parce que c’est gratis je vais le prendre. M’en fous de Jack Layton, moi. Y’a l’air sympathique. Y’a pas l’air méchant. Y’a l’air d’un Joe-barbecue. Je l’imagine bien entrain de piquer ses steaks, boire sa bière dans un boc en verre et lâcher deux trois blagues pas trop vulgaires.

Alors je lui dis « Non merci ». Le gars n’en fait pas trop de cas. Y’a déjà spoté une fille derrière moi.

Je me dis qu'a doit être plate en maudit, sa job, à lui. Je me mets à tousser en pensant que ça ne peut pas être pire que de faire le lapin de Pâques, à 7 piastres de l'heure, au coin de deux boulevards achalandés. Je me souviens, on me faisait des fuck you.

En tournant le coin de la rue, une quinquagénaire est entrain de dégobiller par terre. Elle se cache comme elle peut entre une clôture et une cabine téléphonique. C’est une petite madame toute quioute avec son petit sac à main à motifs chamoirés. Petite veste de laine. Petits souliers vernis. Je marche vite. Le monde m'énarve. Puis je me dis wo. Menute. Fais pas comme les morons qui attendent l’autobus pis qui la regardent se vider le corps. Peut-être ben qu'ils ne la voient pas. C'est dur à manquer, un petit bout de femme plié en deux qui dégueule discrètement.

Je m’arrête et m’approche d’elle. Elle vomit du liquide. On dirait de la bile. La petite dame est embarrassée et ne me regarde pas. « Ça va, madame ? » que je lui dis. « Oui, oui » me répond-elle avec empressement. Je renchéris. «Avez-vous besoin de quelque chose ? Un kleenex, j’sais pas moi.» « Non, non. Merci.» Ok. Bon. A veut rien. A veut la paix. Elle me sourit timidement et continue de dégobiller. Je m'éloigne.

Je passe devant la file d’attente. Certains zyeutent toujours la dame; d’autres se sentent moins coupables depuis que je suis allée la voir. Parmi les trois chanceux qui ont pu s’asseoir sur le banc, il y a une jeune qui est entrain de lire un pavé. Elle est concentrée, c’est beau de voir ça. Y’a rien qui la dérange, elle est dans son monde. Mes yeux cherchent le titre du livre.
Les filles de Caleb.