C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

7.4.11

CANTAT

Commentaire écrit le mercredi 22 février 2006 à 14:51:05 (lien)

Sandra Gordon


Nous sommes en février 2006 et même au Québec, nous n'avons pas oublié Bertrand Cantat. Est-ce que quelqu'un aurait l'aimabilité de me donner l'adresse où il se trouve? J'ai noté l'adresse du centre de détention à Muret. Est-elle correcte? Merci encore.


* * *

C'était en 2006, et j'avais eu l'idée d'écrire à Bertrand Cantat. Je ne voulais pas parler de Vilnius. Parce que je savais qu'il n'avait pas besoin de moi pour y penser. Je voulais parler de, je sais pas, de la solitude et du pardon peut-être. De musique. De douleur. D'humanité.

Y'a une partie de ce commentaire, datant de 2006, que j'enlèverais drette là. Ouain. En fait, je le modifierais. J'enlèverais le nous. Pis ça me déçoit beaucoup.

M'as le mettre au Je, pis je vais garder le reste. Y'é peut-être pas trop tard pour écrire à Cantat, paraît qu'il vient d'être transféré dans un autre pénitencier. Pire que les autres.

22.3.11

MA MAIN, MA MAIN

Ça a commencé cheapette, mais ça s'est enligné quekchose. Si ça va pas, regardez ça. À la fin j'ai fait de l'arythmie cardiaque. Le gars se coupe un bras pour survivre. Avec un petit couteau qui coupe pas. Il est coincé dans le Blue John Canyon, le bras droit coincé sous un rocher, tu' seul, pendant plusieurs jours. Il était parti se balader, sans avertir personne. Accident. Oups, comme il se répète. Boit son eau. Boit sa pisse. Boit son sang. Se coupe un bras à frette pour survivre, se le fracture avant. Faut le faire en sacrament. Un film de Danny Boyle.

On est loin de Jos-Jigsaw, c'est tiré d'une histoire vraie. Celle de Aron Ralston.






En tout cas.
Ma main, ma main. Ouain.

8.3.11

MANCHES DE COUTEAUX ET AUTRES PECCADILLES DANS LE GENRE

Petite lecture de chevet (sans jeu de mots morbide) que je partage avec vous. Ouain.

« La mort fait partie du travail en élevage, tout simplement pourrait-on dire parce qu’elle fait partie de la vie. La mort existe. Cette simple évidence, à laquelle voudrait échapper tant de nos contemporains, fait que la vie d’un animal d’élevage doit avoir une fin. Il est indéniable pourtant, et nul éleveur ne l’ignore, que les animaux n’ont pas envie de mourir – l’animal, sauf en cas de vieillesse ou de maladie, est vie qui veut vivre – et qu’ils n’y consentent pas. Et le désir le plus cher d’un grand nombre d’éleveurs (un sur deux dans la population enquêtée) est de voir ses animaux mourir le plus tard possible. Nous non plus, humains, nous n’avons pas envie de mourir, pour certains d’entre nous nous avons même peur de mourir. Et pourtant nous mourrons. Pourtant, chacun d’entre nous mourra. Et cela est nécessaire si nous désirons continuer à vivre. Nous sommes vivants parce que des hommes avant nous sont morts. D’autres naîtront parce que nous mourrons. « La mort n’est pas ‘un élément purement empirique de notre expérience, mais l’orientation vers la mort est essentiellement impliquée dans l’expérience de toute vie et de notre propre vie’ (M. Scheler (1952), cité par J.M. Brohm dans L.V. Thomas, Les chairs de la mort, p.29). Désirer ne pas voir mourir ceux qu’on aime, désirer mourir le plus tard possible si l’on vit une vie heureuse est un souhait légitime, mais qui souhaiterait vraiment, pour soi, ne jamais mourir, ne jamais finir. Que serait l’œuvre d’une vie si elle était sans fin?

Refuser la mort de l’animal d’élevage, c’est refuser la mort tout court, c’est refuser la vie. Le plus tard possible, pour les animaux d’élevage comme pour tous ceux que nous aimons et pour nous-mêmes, est évidemment préférable parce que, vu de près, dans le processus de démantèlement des corps, la mort a évidemment une très « sale gueule ». Ainsi, dans le film Le sang des bêtes de Franju, les coups de hache sur les cornes de la vache abattue, ou la fente des lèvres du cheval mort sont aussi difficilement supportables que la vision de l’acte de tuer l’animal d’un coup de merlin sur le front.

En élevage, comme dans nos rapports actuels à la vie, et comme l’exprime Louis-Vincent Thomas, la mort est un événement à conquérir. Nous prenons la vie de l’animal comme la mort nous prend. Majoritairement, nous ne choisissons pas l’heure de notre mort. Avec une différence essentielle, cependant, et qui renvoie au sens de la mort et à la dignité : parce que nous avons décidé sa mort, parce qu’elle n’est pas le fait du hasard, le corps de l’animal d’élevage mort n’est pas un cadavre, objet fini promis au pourrissement, mais un corps mort sur lequel les hommes vont effectuer un travail de re-création. C’est ce travail sur le corps de l’animal, en tant que travail de vie (le terme « viande » est issu de vivere : vivre) qui donne son sens à la mort de l’animal. Dans nos aliments, dans le cuir de nos chaussures ou de nos vêtements qui nous collent au corps comme une seconde peau, dans la corne d’une vache posée sur notre table, dans le manche d’un couteau, dans la queue du lapin portée autour du cou comme un fétiche… , dans toutes ces parts animales disséminées dans nos vies, nous proclamons que nous n’avons pas tué l’animal pour rien, qu’il est toujours pour nous, en nous, dans nos muscles et notre sang circulant, sur nous, et dans notre esprit, dans nos histoires et dans nos rêves.

Tout devrait donc être mis en œuvre pour que la mort de l’animal soit donnée dans la dignité, pour l’animal et pour nous-mêmes. »

Jocelyne Porcher, Éleveurs et animaux, réinventer le lien, PUF, Paris, 2002, p. 239-240.
Préface de Boris Cyrulnik.

J'ai voulu mettre un lien sur le film de Franju. Mais je ne l'ai pas fait.

Et je ne suis pas végétalienne.


Page 278 :

« ... Et que la vache qui broute, tête baissée, surpasse n'importe quelle statue...»

— W. Whitman, Feuilles d'herbes, p.123.

26.2.11

VIANDE AAA, SAQ ET MANTEAU TROP BEN TROP CHAUD

– Ah ouain?
– Ouais! On en a vendu beaucoup cette année de ce modèle-là...
– Non, mais y'é-tu vraiment chaud?
– Moins trente, moins quarante. C'est fait pour les expéditions, tsé.
– Ah ouais? Whoa... C'est plus chaud qu'un North Face, d'abord?


Pour le prix d'un manteau Canada Gooooose conçu pour les expéditions nordiques (rires, rires, rires), vous pouvez vous procurer plus de quatre cents cahiers de notes au magasin à une piasse, régler de concert des factures d'Hydro Québec et de Vidéotron pour au moins deux mois (l'hiver, mettons), voire trois, faire la commande la plus décadente de votre vie - incluant viande AAA et SAQ, vous payer un tout compris de dernière minute à Puerto Plata, cotiser un petit surplus à vos REER ou ben vous procurer quatre cinq billets en gang pour un show des Black Keys, tiens.

On a toujours le choix.




À quand Mars Volta contre un bifteck de surlonge - ou ben un morceau de linge?

23.2.11

COURROUX, EXASPÉRATION, ROGNE, MACHIN


La dernière fois que j'ai perdu quelque chose appartenant à la catégorie perds-pas-ça-parce-que-c'est-pas-donné, combinée avec la catégorie tu-perds-ça-et-ça-t'enrage-un-poil-pas-pire, c'était une passe de métro mensuelle de la STCUM. À l'époque j'habitais sur Préfontaine coin Ontario, dans un petit appartement trop coloré de biais de Chez Clo, et je vivais d'un décadent revenu de prêts étudiants et d'une job à temps partiel dans un magasin de sport/chasse/et pêche dans le bas de la ville. C'était il y a mille ans. Courroux, exaspération, rogne, machin.

C'est paske j'ai pas l'habitude de perdre mes affaires, tsé.

Mais là, là, là, ça fait trois jours que je cherche désespérément une affaire appartenant à la catégorie perds-pas-ça-parce-que-c'est-sans-prix, combinée avec la catégorie tu-perds-ça-et-ça-t'enrage-à-la-puissance-mille, celle qui te fait charroyer-les-meubles-de-tout-bord-tout-côté, fouiller-dans-les-racoins-les-plus-improbables, au-cas-où, tsé, et ce, six-fois-par-jour-depuis-trois-jours, à égrainer-les-très-gros-mots-puis-à-implorer-Saint-Antoine-de-Padoue, à reprendre-à-l'inverse-et-à-l'endroit, à-mille-reprises, en vain.

Sacrament.

Je voudrais m'acheter douze mille passes de métro de la STM et les perdre une après l'autre, après l'autre, après l'autre, n'importe où dans la ville, ou ailleurs, et répéter la boulette quinze millions de fois, plutôt que ça.


J'offre : Deux douzaines de pots Mason de chili con carne fait maison, ou bedon du boeuf bourguignon, une bouteille de Dewar's, du gros gin ou une douze de Laurentide tablette. Je gratte votre entrée pendant l'hiver pour les dix prochaines années à venir ou je garde vos kids jusqu'à ce qu'ils soient prépubères.


17.2.11

ÊTRE UN HÉROS

Dans une rue à sens unique, sous un réverbère faisant briller une belle glace bleue bien mouillée, mon engin qui marche une fois sur trente m'a donné à entendre c'te toune-là, par hasard. J'ai levé le son et soudain, soudain, j'ai eu de l'agrément, oh ouais, le doigt planté à la page 177, sous une pluie fine, drette là où les épinettes commençaient à valser...



8.2.11

C'EST À CAUSE DE DENIS VILLENEUVE...


J'angoisse grave. À cause de Denis Villeneuve.

Ouais.

Quand je pense à Denis Villeneuve, je ne pense pas à La Course destination monde, ni à Polytechnique, ni même à Incendies, ni aux Oscars, ben non. Quand je pense à Denis Villeneuve, il me vient en tête une scène du film Un 32 août sur terre, quand Simone critique, déprécie - que dis-je! - rabaisse méchamment son éventuel géniteur (le sympathique Philippe) en lui garrochant à la tête quelque chose comme :

« T'as trente ans pis t'as même pas tes licences? »

Phhh.

1998. J'avais quelque chose comme 19 ans. Et toujours pas mes licences. Ça m'est rentrée dedans comme un dix roues :

« T'as trente ans pis t'as même pas tes licences? »

J'avais l'étrange impression que je me rendrais là. À trente ans pas de licences. Feeling, tsé. Bah.

L'année d'après j'étais à Montréal. Ne-pas-perdre-ma-carte-de-métro-mensuelle m'importait davantage que de prendre-un-rendez-vous-à-la-SAAQ-pour-prendre-mes-licences. Je m'en crissais, c'est ben certain.

Jusqu'à ce que... à trente-deux ans, accotée sur le comptoir de Machin-Conduite-Expert-CAA-recommandée, une école de conduite tsé, je me sentais comme Philippe l'incompris, Jos-Bine trentenaire pas de licences, à enquêter sur la gentillesse des moniteurs et le cursus des cours.

Me suis trouvée un Guide de la route 2004 au Village des Valeurs. Pour trois piasses.


J'ai pris ça pour un signe, qu'est-ce que tu penses.


(Ouais.)