C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

21.5.11

SAFE SEAL, PEROXYDE 3 % ET BLACK VELVET

Je serais due pour un réaménagement de bloye, à tout le moins un petit rafraîchissement, un petit ménage printanier dans' cour, tsé, quek' chose. Mais ça va attendre un ti peu. Les lilas fleurissent, ça verdit de tou'é bords tou'é côtés, et ça se promène en gougoune pendant que moi je m'arrange pour ne pas être SDF le jour de la Saint-Jean. À manger mou en paquetant mes affaires, scotch au poing et médocs pas loin. Je vous lis. Et ça m'apaise. Ça me fait sourire. Pas trop hein, parce que ça tire. Dans quoi, un mois, je serai partie d'ici, de la grand-ville, moi, fille de cambrouse, et j'entendrai un concert de ouaouarons au lieu des sirènes, de la dance music et des pneus qui crissent, j'sais pas où encore, mais je serai à quelque part.


J'ai perdu ma sagesse ça a l'air, mais pas mon appétence.



























Peroxyde, Dewar's and Rock n' roll!

10.5.11

SANTÉ! MENTALE

Des fois ça prendrait ça.


D'autres fois ça prendrait ça.

Ou ben ça.

Mais des fois ça prend plus que ça.

Je sais, je sais. Il fait beau dehors. Mais ce truc est intéressant. Rigolo par bouttes, touchant par d'autres. Pis paraît que mai est le mois de la santé mentale. Comme si le reste de l'année, tsé, anyway. Le trois fait le mois, le cinq le défait, le sept le refait. Le dix, fouillez-moi, j'en sais trop rien. Pis le onze, le quinze ou le vingt-deux, ben, on verra bien.

20.4.11

COMME DE LA GRÊLE SUCRÉE EN PÉRIODE DE CARÊME, TSÉ

Moi j'ai à rien à dire ces temps-ci fait que je me ferme la bouête, mais n'empêche que je lis ou que je regarde, que je zyeute et que je braque à tou'é matins, et ce gars-là, mine de rien, poste quotidiennement depuis j'sais pus combien de temps, ouais, il est d'ailleurs entrain de nous habituer à un sapré beau débit de prises de vue hein, de mots, de quinze secondes de vidéos qui en envoient plein la gueule à chaque matin. Ça suppure ses affaires, ça s'éjecte, ça expulse et ça s'éploie, comme de la grêle sucrée en période de carême ou un halo acéteux en plein soleil printanier. Y'a un gros grain de pluie frette aidé du vent qui glisse le long d'un câble électrique, là, drette là dans la rue déserte quand je regarde par la fenêtre à ma gauche, là où le temps gris et froid et plate inflige peut-être un peu, pendant que lui capture des affaires pas piquées des vers, là où la beauté de l'oeil ravit - et le débit sévit.


Pis moi ben, yé m'en réjouis.




Eh oui. C'est du Gomeux.

11.4.11

TÊTE DE LITOTE



Seize degrés dewor; quarante mille dans mon aorte!

9.4.11

ANNONCE #59684572162584895625214478442

Magnifique terrain pas trop grand situé à quelque part de ben tranquille. Site enchanteur. Accès prestigieux au lac La Paix. Vue impressionnante de tou'é bords. Emplacement de choix. Partiellement déboisé. Arbres matures. Chemin peu achalandé. Prêt à construire. Étant donné sa superficie, le terrain zoné permet l'établissement d'une petite petite maison seulement. Pour vente globale.

7.4.11

CANTAT

Commentaire écrit le mercredi 22 février 2006 à 14:51:05 (lien)

Sandra Gordon


Nous sommes en février 2006 et même au Québec, nous n'avons pas oublié Bertrand Cantat. Est-ce que quelqu'un aurait l'aimabilité de me donner l'adresse où il se trouve? J'ai noté l'adresse du centre de détention à Muret. Est-elle correcte? Merci encore.


* * *

C'était en 2006, et j'avais eu l'idée d'écrire à Bertrand Cantat. Je ne voulais pas parler de Vilnius. Parce que je savais qu'il n'avait pas besoin de moi pour y penser. Je voulais parler de, je sais pas, de la solitude et du pardon peut-être. De musique. De douleur. D'humanité.

Y'a une partie de ce commentaire, datant de 2006, que j'enlèverais drette là. Ouain. En fait, je le modifierais. J'enlèverais le nous. Pis ça me déçoit beaucoup.

M'as le mettre au Je, pis je vais garder le reste. Y'é peut-être pas trop tard pour écrire à Cantat, paraît qu'il vient d'être transféré dans un autre pénitencier. Pire que les autres.

22.3.11

MA MAIN, MA MAIN

Ça a commencé cheapette, mais ça s'est enligné quekchose. Si ça va pas, regardez ça. À la fin j'ai fait de l'arythmie cardiaque. Le gars se coupe un bras pour survivre. Avec un petit couteau qui coupe pas. Il est coincé dans le Blue John Canyon, le bras droit coincé sous un rocher, tu' seul, pendant plusieurs jours. Il était parti se balader, sans avertir personne. Accident. Oups, comme il se répète. Boit son eau. Boit sa pisse. Boit son sang. Se coupe un bras à frette pour survivre, se le fracture avant. Faut le faire en sacrament. Un film de Danny Boyle.

On est loin de Jos-Jigsaw, c'est tiré d'une histoire vraie. Celle de Aron Ralston.






En tout cas.
Ma main, ma main. Ouain.

8.3.11

MANCHES DE COUTEAUX ET AUTRES PECCADILLES DANS LE GENRE

Petite lecture de chevet (sans jeu de mots morbide) que je partage avec vous. Ouain.

« La mort fait partie du travail en élevage, tout simplement pourrait-on dire parce qu’elle fait partie de la vie. La mort existe. Cette simple évidence, à laquelle voudrait échapper tant de nos contemporains, fait que la vie d’un animal d’élevage doit avoir une fin. Il est indéniable pourtant, et nul éleveur ne l’ignore, que les animaux n’ont pas envie de mourir – l’animal, sauf en cas de vieillesse ou de maladie, est vie qui veut vivre – et qu’ils n’y consentent pas. Et le désir le plus cher d’un grand nombre d’éleveurs (un sur deux dans la population enquêtée) est de voir ses animaux mourir le plus tard possible. Nous non plus, humains, nous n’avons pas envie de mourir, pour certains d’entre nous nous avons même peur de mourir. Et pourtant nous mourrons. Pourtant, chacun d’entre nous mourra. Et cela est nécessaire si nous désirons continuer à vivre. Nous sommes vivants parce que des hommes avant nous sont morts. D’autres naîtront parce que nous mourrons. « La mort n’est pas ‘un élément purement empirique de notre expérience, mais l’orientation vers la mort est essentiellement impliquée dans l’expérience de toute vie et de notre propre vie’ (M. Scheler (1952), cité par J.M. Brohm dans L.V. Thomas, Les chairs de la mort, p.29). Désirer ne pas voir mourir ceux qu’on aime, désirer mourir le plus tard possible si l’on vit une vie heureuse est un souhait légitime, mais qui souhaiterait vraiment, pour soi, ne jamais mourir, ne jamais finir. Que serait l’œuvre d’une vie si elle était sans fin?

Refuser la mort de l’animal d’élevage, c’est refuser la mort tout court, c’est refuser la vie. Le plus tard possible, pour les animaux d’élevage comme pour tous ceux que nous aimons et pour nous-mêmes, est évidemment préférable parce que, vu de près, dans le processus de démantèlement des corps, la mort a évidemment une très « sale gueule ». Ainsi, dans le film Le sang des bêtes de Franju, les coups de hache sur les cornes de la vache abattue, ou la fente des lèvres du cheval mort sont aussi difficilement supportables que la vision de l’acte de tuer l’animal d’un coup de merlin sur le front.

En élevage, comme dans nos rapports actuels à la vie, et comme l’exprime Louis-Vincent Thomas, la mort est un événement à conquérir. Nous prenons la vie de l’animal comme la mort nous prend. Majoritairement, nous ne choisissons pas l’heure de notre mort. Avec une différence essentielle, cependant, et qui renvoie au sens de la mort et à la dignité : parce que nous avons décidé sa mort, parce qu’elle n’est pas le fait du hasard, le corps de l’animal d’élevage mort n’est pas un cadavre, objet fini promis au pourrissement, mais un corps mort sur lequel les hommes vont effectuer un travail de re-création. C’est ce travail sur le corps de l’animal, en tant que travail de vie (le terme « viande » est issu de vivere : vivre) qui donne son sens à la mort de l’animal. Dans nos aliments, dans le cuir de nos chaussures ou de nos vêtements qui nous collent au corps comme une seconde peau, dans la corne d’une vache posée sur notre table, dans le manche d’un couteau, dans la queue du lapin portée autour du cou comme un fétiche… , dans toutes ces parts animales disséminées dans nos vies, nous proclamons que nous n’avons pas tué l’animal pour rien, qu’il est toujours pour nous, en nous, dans nos muscles et notre sang circulant, sur nous, et dans notre esprit, dans nos histoires et dans nos rêves.

Tout devrait donc être mis en œuvre pour que la mort de l’animal soit donnée dans la dignité, pour l’animal et pour nous-mêmes. »

Jocelyne Porcher, Éleveurs et animaux, réinventer le lien, PUF, Paris, 2002, p. 239-240.
Préface de Boris Cyrulnik.

J'ai voulu mettre un lien sur le film de Franju. Mais je ne l'ai pas fait.

Et je ne suis pas végétalienne.


Page 278 :

« ... Et que la vache qui broute, tête baissée, surpasse n'importe quelle statue...»

— W. Whitman, Feuilles d'herbes, p.123.