C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

4.10.11

MAUDIT SAUT

Dans l'ordre habituel : Réjean, Andrei, Wilfrid, Atanase et Steeve.


Ils sont venus se présenter à moi avant hier pendant que je décrochais mon linge de la corde à linge (pour éviter de rentrer des bébittes en dedans je claque trois, quatre fois chaque morceau dans le sens du vent, ça les fait revoler genre, et j'ai entendu un gros shhhhhhwooooufffff-shhhhhhhwooooufffff, c'est là que je me suis retournée). J'ai fait un maudit saut. C'est le plus vieux qui a parlé en premier. Celui avec des tatouages sur les bras. D'ailleurs ça s'entendait que c'était le plus vieux. Il m'a dit :

—Si 'hama' t'as des problaïmes, tu viendras nous wouère okay.

Ça valait la peine que je lâche mes débarbouillettes. Un autre a enchaîné (il avait une voix de femme, mais j'ai su par après qu'il s'appelait Steeve) en lâchant un petit «On veut pas déranger» tout doux, avec des petites notes aiguës (rectification-mon-cul).  Ils faisaient allusion à quoi, je comprenais pas.

* * *

Le trente et un, c'est pas tu-suite.  J'ai pas affiché mes âneries sanguignolantes encore.  La première fois en quinze ans.  Que je veux en mettre, je veux dire.  On m'a dit que ça runnait pas ben ben dans le boutte, ça m'a déçu, moi qui avais prévu un masque de terreur avec un t-shirt BOOOO.

Mais euh.  Okay anyway, guys. 

C'est quoi, vos petits noms?


18.9.11

RIEN QU'À VOIR ON VOIT BEN












Elle a mangé un champignon et — sauf notre respect — elle a vomi.
Jules Renard, Journal, 1894-1904, ABU, la Bibliothèque universelle

Je bosse de temps en temps avec des champions et des parasites, et peut-être éventuellement avec des champignons, des champions du champignon je veux dire, des pros de la mycologie. Sous toutes ses formes et toutes ses forces. Du plus comestible au plus isolé. Ça dépend de comment on regarde ça. Et puis ça reste à voir. Parce que comme dirait l'autre, on n'a pas tout vu.

Parlant de voir ou de ne pas voir, j'ai pus de tévé. Kaput. Les trois, quatre chaînes que je réussissais à capter de peine et de misère avec mon antenne à oreilles de lapin ne me manqueront pas. Câble, convertisseur? Nan. Le Net me contente. Cut the crap.

À ce sujet, je ne peux pas ne pas publier le texte de VLB. Je me délecte de lire des mots francs et justes, et me désole du reste.

Opinion - J'aime moins la télévision qu'avant
Lettre d'opinion par Victor-Lévy Beaulieu
TROIS-PISTOLES, QC, le 18 sept. 2011

J'aime moins la télévision qu'avant. Je trouve qu'elle ressemble à ce qui est survenu à la Ligue nationale de hockey quand celle-ci s'est lancé dans une expansion déraisonnée, avec le résultat qu'on connaît : un sport qui n'en est plus un parce qu'animé par un trop grand nombre de joueurs sans véritable talent qui se servent de leur bâton de hockey comme d'une arme et de leurs corps comme d'un char d'assaut. Une violence toute américaine dont l'accomplissement parfait est celui de tous ces sports dits extrêmes où l'on voit des hommes et des femmes encagés, se frappant de coups de poing et de coups de pied, au grand plaisir d'une foule devenant hystérique quand le sang jaillit.

J'aime moins la télévision qu'avant. Depuis la multiplication des chaînes et sa concentration entre les mains de quelques propriétaires, on ne peut plus parler vraiment de qualité : le petit écran est devenu un gigantesque fourre-tout dont la médiocrité saute aux yeux dès qu'on a le courage de passer une journée devant son téléviseur. C'est que la télévision ne pense plus guère, elle se contente de plus en plus de réfléchir comme un miroir ce qu'elle croit que la société est devenue : un ramassis de faits divers que rien ne relie entre eux, sinon la bonne conscience de ses animateurs qui croient qu'en agissant ainsi, ils vous apportent la démocratisation de la télévision. Tout le monde y a désormais droit de parole, et davantage ceux qui sont tordus que les gens de santé, davantage ceux qui sont malades, paumés, imbéciles, détraqués ou devenus légumes que les citoyennes et les citoyens débordant d'un trop-plein de vie.

J'aime moins la télévision qu'avant. Je trouve qu'elle est devenue bien tonitruante : même ceux qui animent les bulletins de nouvelles ne cessent pas de me crier par la tête. Et que dire de tous ces animateurs de foules qui croient qu'un quizz et qu'un show dit de variétés ne peuvent pas exister sans qu'on ait toujours les baguettes en l'air et la voix à l'avenant!

J'aime moins la télévision qu'avant. Et moins aussi les chroniqueurs qui ont pour métier de me parler d'elle. Ils n'en ont plus que pour le vedettariat : un pet d'André Angelil, la désintoxication d'Éric Lapointe, le divorce des uns et le rabibochage des autres, Danny Turcotte qui joue le fif auprès d'André Boisclair et Guy A. Lepage qui fait une montée de lait, c'est maintenant ce qu'on appelle de la nouvelle et le bon peuple doit en savoir le long et le large. C'est que le monde des vedettes et celui des chroniqueurs forment une société fermée, qui ne s'adresse plus vraiment au monde, mais à elle seule.

J'aime moins la télévision qu'avant. Parce que les émissions dites sérieuses sont devenues les laissés-pour-compte du petit écran. On n'en parle pour ainsi dire jamais. Par exemple, La semaine verte célèbre cette année la quarantième année de son existence et ses concepteurs ont produit quatre merveilleuses émissions qui nous montrent, non seulement son évolution, mais celui de toute la société québécoise. Aucun de nos chroniqueurs n'en a dit un mot. Il en va de même pour Découverte, Planète science, Super science et la plupart des grands reportages que diffuse la chaîne RDI. Qui sait ce que sont Les agents du changement, une formidable série sur l'écologie, le développement durable et cette transvaluation de toutes les valeurs qui fut si chère à Friedrich Nietzsche?

J'aime moins la télévision qu'avant. Ses archives sont pleines de trésors, qu'on aurait grand intérêt et grand plaisir à revoir. Mais ça demanderait du travail, donc de l'argent à investir, et nos grands diffuseurs ne veulent ni de l'un ni de l'autre. Pour la centième fois, on a droit à Scoubidou, à Ma sorcière bien-aimée, à C.S.I. Miami, à La petite maison dans la prairie, à Beverly Hills ou à FBI, flic ou escroc. On peut désormais passer toute sa journée devant son téléviseur à ne voir que ce qu'il y a eu de moins bon à la télévision américaine des années 1960 à 1980.

J'aime moins la télévision qu'avant. On y parle de moins en moins bien notre langue, on l'écrit comme si elle ne nous appartenait déjà plus. Sur ces fils de presse qui défilent au bas de nos petits écrans durant les bulletins de nouvelles, on y fait une faute à tous les cinq mots et personne ne semble s'en préoccuper étant donné que ça ne cesse pas de passer et de repasser inlassablement.

J'aime moins la télévision qu'avant. Depuis qu'elle n'est plus nationaliste, mon être identitaire s'y perd. Dans certains bulletins de nouvelles de la télévision de Radio-Canada, pas moins du tiers qui s'y dit l'est souvent en anglais, puisqu'on n'y traduit plus rien. On peut bien élire dans le comté francophone de Berthier-Maskinongé une unilingue anglophone et l'y accueillir à bras ouverts : n'est-elle pas le nouveau rêve qui nous habite depuis que nous ne sommes plus nationalistes parce que nous avons mis au vestiaire notre être identitaire?

J'aime moins la télévision qu'avant. Tandis que le rêve américain s'effondre, nous importons des États-Unis de plus en plus d'émissions et de films dont on ne prend même plus la peine de traduire les génériques ni les titres (par exemple, The Price is Right). Avez-vous regardé une seule fois Qui perd gagne, cette émission sur des obèses étatsuniens qui sont récompensées quand ils maigrissent et punis quand ils ne maigrissent pas? Au-delà de toute indignité c'est!

J'aime moins la télévision qu'avant. Les publicités, notamment sur la bière, me rendent honteux. Non seulement on y représente toujours la femme comme un objet à consommer au même titre que le houblon, mais la firme Sleeman, sous le prétexte de nous raconter les commencements de la brasserie, nous amène dans le Chicago d'Al Capone, mitraillettes et tueries à la clé. Ce n'était pas bien, nous dit le commentateur de la chose, mais quelle bonne bière cela nous a donné! Mais il y a pire. De plus en plus, notre société se sert des enfants pour mieux vendre ses produits. Je pense notamment à cette publicité qui nous montre un tout jeune garçon qui nous vante la voiture qu'il vient d'acheter et qu'il considère comme sa maison, y jouant, toutes portières accessibles, sans qu'on exerce la moindre surveillance auprès de lui.

J'aime moins la télévision qu'avant. On y privilégie les films américains et les films québécois qui leur ressemblent. Sauf exceptions (celle d'André Forcier notamment), je ne trouve maintenant qu'une différence entre le cinéma américain et le nôtre : alors que le drapeau américain flotte partout et souvent dans tout film hollywoodien, on ne voit jamais le fleurdelisé dans notre cinéma. Rien d'autre qu'un hasard?

J'aime moins la télévision qu'avant. Parce qu'elle ne nous invente plus, elle nous évente. Parce qu'elle ne nous invente plus, elle nous éventre. De quoi comprendre que mon nationalisme et mon être identitaire en saignent comme cochon qu'on égorge.

23.8.11

TRANCHE DE STEAK

Mon tout premier film porno gonzo x-rated. 1992.

TCR 13:01.53.16 à 13:02.23.22, attention : c'est pas mal hardcore.





— Pfff. Y'a rien là comparé à Elvis...





21.8.11

CARVI ET OVERDRIVE

J’allais là pour mon problème d’overdrive. Je suis repartie avec des tomates et des concombres de son jardin, soigneusement emballés dans un sac en plastique dont le nœud, ferme, avait été manié d’une tendre et efficace façon. Elle m’avait interpellée de la galerie, soucieuse que je n’oublie pas mes légumes frais, la mère du garagiste, une femme qui en a vues des vertes et des pas cuites, quatre-vingt-cinq ans qu’elle m’avait dit, et elle conduisait toujours le soir pour aller jouer au bingo du village d’à côté.

—Je vais là pour me changer les idées.

J'arrive toujours un peu à l'avance, je n’aime pas faire attendre le monde. Mais j’ai dû attendre parce que le garagiste accusait un peu de retard. En moins de vingt minutes je suis passée de la cour à la balançoire sur la galerie, et puis de la balançoire à la cuisine. Un Seven Up plus tard, je connaissais tout de sa famille. De ses voisins. De sa vie. Je me suis dit oh-oooh, faut absolument que tu mémorises ça toi, chacun de ces détails, ces paroles, ces objets, tout, absolument tout ce qui meuble cette pièce en cet instant même.

Elle a versé trois tasses de vinaigre dans une soupière en me demandant de trouver les graines de carvi dans l'armoire à épices. Trop haute pour elle. D'habitude elle grimpe sur une chaise, mais là, vu que t'es là ça adonne ben. Ça m'a pris du temps, il y avait là-dedans au moins soixante petits pots empilés les uns sur les autres. C'était à peine si mes doigts pouvaient bouger.

Je lui ai finalement trouvé son carvi, et elle a enchaîné sur le prix des poivrons. Les photos de ses petits-enfants. Ses fleurs. Son chien. Elle ajoutait de temps en temps un petit sacre bien senti en déplaçant de l'air pour douze. Ses morts, ses vivants, son bras cassé de l'an passé alors qu'elle fauchait elle-même le foin du fossé.

—Ça s’ra pas ben long, mon gars va s’occuper de ton char.

Elle a déposé sa cuiller à bois de travers sur la soupière et s’est dirigée vers le poste radio. Elle en a étudié rapidement les boutons.

—Écoute ça ma fille, c’est beau.

Un disque compact gravé, ça s’entendait tout de suite. L’enregistrement était de piètre qualité mais le gars chantait comme si c’était le dernier jour de sa vie. Elle a souri en m’entendant fredonner les paroles, ravie que je connaisse sa chanson. J’ai pas osé pas lui demander de baisser le volume. Je me suis contentée de lui dire qu’elle avait allumé le mauvais rond de poêle.

Puis elle m’a demandé si j’avais des enfants, ce à quoi j’ai répondu par la négative.

—Ben fais-en pas ma fille, écoute ce que je te dis!

J'ai ri, elle s’est tue. Elle m’a offert un autre Seven Up.

—Mon gars a le cœur su’a main. Pis l’autre aussi. Il vient de se séparer, sa femme c’t’une maudite folle. On est du bon monde. On écoeure pas personne. T’as l’air d’une bonne personne toi aussi. T'es sûre que t'en veux pas un autre? As-tu faim? Mange quelque chose.

Je l’ai aidée à trouver une douzaine de pots, à la cave, et on les a lavés. Elle m’a dit que la vie n’était pas facile à tous les jours, mais que l’important c’était de garder le moral. Elle est allée remuer sa mixture. Elle l'a jugée fin prête.

—Pas de moral, y reste pus rien. Goûte don’ à ça.

J’y ai goûté.

J'en suis toujours pas certaine, mais je pense qu'elle avait les larmes aux yeux.

—Si ça goûte pas assez, faut rajouter du goût. Y manque-tu quek’chose?

J’ai réfléchit trop longtemps peut-être ou ça ne lui tentait pas d’entendre ma réponse, mais elle s’affairait déjà à corder ses pots et à les emplir un à un. Elle m’a demandé de visser les bagues sans trop serrer.

Sur le réfrigérateur, j'ai remarqué une vieille image de la sainte Vierge maintenue par trois aimants à l'effigie de compagnies différentes. Qui regardait vers le plafond.

Puis j’ai vu son fils, dehors, qui me faisait signe pour que je vienne le rejoindre.



16.7.11

HEIN?

J'ai ri jaune quand j'ai lu ceci.

Parce que moi aussi tsé, à l'aide de mon soooo precious cellulaire, j'ai capté des images du show...

— Checke les deux mongoliens en avant. Ça tape des mains pis c'est même pas en rythme.
— Hein?

Ah pis pendant qu'on y est, j'hayis ça les HEIN. Me semble qu'on peut dire autres choses que HEIN, non?

Pardon? Qu'est-ce que t'as dit? J'ai pas entendu, peux-tu répéter?

HEIN? HEIN?

J'hayis ça pour tuer, les HEIN.


5.7.11

LES VACHES



C'est comme dans les films d'épouvante : le blé d'Inde à vaches va grimper à six, sept pieds. Je ne verrai plus les voisins. C'est ce que le proprio a dit. Mais je ne les vois déjà pas, mes voisins. Ils sont flous dans un brouillard de mouches à vaches.

Les vaches, les vaches, c'est à croire que tout tourne autour d'elles. Et pourtant y'en a pas. Pas proche du moins. Y'a Jos-le-Coq qui s'excite jusqu'à deux heures de l'après-midi, des corneilles qui te lâchent un méchant wack aussitôt que Ze Matou s'élance furieusement vers eux, j'ai vu un seul écureuil depuis que je suis ici, weird hein, ah pis zéro marmotte, apart celle que j'ai vue plus loin, écrapoutie au beau milieu du chemin. Ça m'a fait de la peine, c'est ben certain. Je suis attendrie comme un steak manié par le boucher : plein de petits trous qui laissent passer l'air.

L'air.


Ouain.


20.6.11

UNE ÉVIDENCE, J'VEUX DIRE



— J’suis pas du monde, pis y’é pas du monde. Fait que ça manque de monde pour jaser, ça, tsé...

Dit de même. Fallait que ça sorte de sa bouche pour le devenir. Une évidence, je veux dire. J’ai jeté un œil sur mes affaires, l’air de rien, l’air d’être préoccupée, prise par autre chose, n’importe quoi, mais je n’avais d'autres choix que de lui donner raison. Le gros bon sens. Tragique. Il a regardé ses doigts pendant quelques secondes, s’est arrêté sur une cuticule tentante sur le pouce, a tenté de la réduire en miettes avec l’ongle de son index. Il a réussi. Puis il a poursuivi brièvement :

— Ouain.


Il est parti.

J'ai fait pareil.

29.5.11

CONFESSION

Bon, je m'en confesse. Quand j'accroche sur une toune c'est quasi maladif, je peux être deux semaines à l'écouter en boucle sans m'écoeurer. Pis à mon avis y'a rien de pire que se s'écoeurer à faire quelque chose. Rien. Fait que je l'écoute, j'aime ça, pis that's it that's all.




Y'a fait soleil cet après-midi, heille, c'est pas rien.

25.5.11

À MOI DE MOI, ET À MOI POUR VOUS AUTRES

Chanson reprise par un paquet de monde et c'est peu de le dire, de Bonnie Tyler à Bon Jovi, en passant par Patti LaBelle, les Backstreet Boys, awigne-ah-han, et ce, sans compter l'immensurable nombre de chanteuses qui souhaitent grimper la note et qui hésitent entre celle-là ou la notoire Amazing Grace.

Mais ça demeure à mon avis une maudite belle chanson.



En tout cas c'est ben dur de s'empêcher de la fredonner.

Pis ça fait du bien par où ça passe.