C'est à peu près 120 piasses la tonne. Grosso modo c'est 80 si tu remplis ton pick-up. Ça, c'est pour la scrap scrap. Pour une scrap qui a de l'allure, c'est plus ou moins 4 piasses la livre. Cop, aluminium. Vous pouvez ben courir les poteaux. Moi, la scrap scrap, ça me plaît.

20.3.12

GORS12345678



Je n'ai été, je ne suis, et je ne serai qu'un code permanent pour le ministère de l'Éducation-des-Loisirs-et-du-Sport.  GORSmachin12345678.  J'ai, à ce jour, 19 198,80 dollars à rembourser - comprenant les intérêts courus qui continuent de courir.  Mes parents n'étaient pas riches, ma famille d'accueil non plus.  Mais je voulais faire des études supérieures.

J'en ai faites.  Mais je n'ai pas pu les terminer.  Et ce n'est pas parce que ça ne me tentait plus, crisse. 

Je suis là.  Je suis derrière les étudiants et étudiantes qui protestent courageusement depuis le mois de février.  Je les encourage à être tenaces et résistants.  Ils manifestent haut et fort dans les rues, sur les ponts et sur les voies rapides, ils se font donner des tapes su'a yeule ou des contraventions, mais ils sont robustes et résolus.  Ils veulent se faire entendre, ils veulent exister.  Devenir qui ils sont. 

Je serai une étudiante toute ma vie, et ce ne sera pas grâce à ce code permanent.




23.2.12

ANACROUSE


Pour Mac.


Dessin. Anatomie cardiaque. Leonardo Da Vinci. 1512.

J'te file un bout de mon aorte si tu veux...


Pensée du mois, tiens : «Ce qui nous arrive est moins important que notre façon d'y réagir.»
- Thaddeus Golas, philosophe


Smack.


17.2.12

SYNESTHÉSIE


Non.  Ce n'est pas du Ricardo, ni du Martin Picard, du Chuck Hugues ou du chef Groleau, mais c'est ma contribution à Synesthésie et j'en suis fort heureuse.

Rock n' roll, sacrebleu, nos ricettes rules!





10.2.12

SOUVENANCE


À fond, c’est à la brunante du dernier jour. Quand on se fabrique un café. On sait que c’est le dernier. Il goûte bon. On lance les dernières graines de tournesol au même endroit parce qu’on avait pris l’habitude de le faire à chaque matin, et puis parce qu'après tout, le dernier des matins demeure tout même un matin.  Alors on s’assoit tranquille avec sa tasse Thermos, et on regarde partout sans dire un mot. Le vent minouche les feuilles des arbres pendant qu'on espère voir un petit ami retontir une dernière fois.  On garroche un reste de carottes, pour doubler nos chances. Jos le lièvre, genre. Ou Jos n'importe quoi.

Anyway.  Faudra commencer tranquillement à ramasser. La corde à linge, le linge, la vaisselle. On annonce de la pluie, on n'est pas fous, tsé : on va garder les bâches en dernier. C'est un peu humide, fait qu'on se fait un feu.  Le dernier.  La veille, on a brûlé toutes nos bûches sauf deux ou trois.  Pour le lendemain. Au cas où.  Durant le séjour on s’était fait une petite corde de bois abriée d’un matelas de plage percé.  Qui finira aux vidanges. 

« Toute bonne chose a une fin », on la déteste celle-là.  Trop déprimante.  Et on enchaîne en allant chier.  On sait qu’à notre retour les graines de tournesol ne seront plus là.  Ni les carottes d'ailleurs.  Enfin, sûrement.  Les Jos sont sauvages, ils attendent toujours qu'on ait le dos tourné.

Et dans quelques heures, ce sera notre tour. De ne plus être là. Comme les graines de tournesol, les carottes et tout le reste.


29.1.12

NUMÉRO ONZE












J'ignorais tout de la splendeur - même de loin et dissimulée derrière grille frontale, mentonnière et attirail réglementaire - j'ignorais tout de la splendeur d'un sourire Peewee suivant son premier but égalisateur.




Mais je t'avertis tout de suite buddy, je paierai pas mon siège trois cents piass' pour aller te suivre au Centre Bell.  Tu me fileras une passe de saison, okay?




16.1.12

J'AI PRIS CONNAISSANCE DU CONTENU DE CET AGENDA

Quand ça arrive, je l’attends – et l’entends aussi – depuis une bonne trentaine de pages disons, cette mélodie affligeante d’une morosité sans nom. Quand je commence à remarquer qu’il en reste pas mal moins qu’il en restait. Je me doute bien du feeling qu’elle impose, de sa portée, de l’air et de sa chanson, mais je ne la sens pas tout à fait. J’anticipe len-te-ment, comme un tiraillement sourd qui s’accentue au fil des paragraphes qui s’ajoutent. Alors je me fabrique un café. Ou me verse un verre de quelque chose. Regarde dehors. M’allume une clope. Enlève mes bas. Ajuste le coussin. Redresse le dos. Flatte Léo.  Je sais que ça achève.  Ça goûte bon, et triste en même temps. 

Et puis, bang! C'est la fin.  Je reste plantée là comme une conne à tenter d’étirer le moment, à prendre doucement conscience des choses qui m’entourent et que j’ai ignorées pendant ixe temps, ouais, ça m’écoeure, furieusement, mais c’est bon en même temps. Je goûte parce que j’ai goûté et que ça goûtait bon. Puis je redescends. Tranquillement pas vite. Je quitte l’espace clos qui s’était créée entre l’objet et mes mains. Ça sent la conjugaison à l’imparfait, mais encore l’authentique et le bien senti. Pour longtemps.  Pour toujours?  C’est de même à chaque fois que je finis un livre qui m’a plu.

Déprimant, grisant et obligatoire.

Jusque-là vous suivez? Je parle de deuils, crisse. Du deuil de la première lecture. Pas la deuxième, ni la troisième. La première. Du feeling à vif. De la découverte. De la première prise. Moteur. Paluches, iris, aorte. Aaction.

Je pense que je l’ai acheté le jour de sa sortie. Ou le lendemain. À 'oliette. Un seul exemplaire, toé chose, j’étais-tu contente de l’avoir? Classé dans « Roman », moi qui cherchais désespérément la section « Romans québécois ». Ben crisse, y’en avait pas! Je suis repartie avec mon exemplaire sous le bras, et j'avais hâte d’en entamer la lecture au plus vite. Vite, vite, mais pas trop vite. Quand j’y suis retournée une couple de jours plus tard pour y acquérir Pour de vrai de Desbiens, là, j’y ai vu une table-pyramide entière, yes Sir!, oui Madame..., ouais – une belle montagne orange pétante. J’étais contente.

J’ai commencé par le tordre un peu. Et écrire mon nom tout croche sur la tranche. J’aurais pu l’écrire ailleurs hein, je m’en suis rendue compte quelque pages plus loin quand j’ai vu un truc formel qu'on retrouve habituellement dans les agendas scolaires : Identification de l’élève. Mais je sais pas, ça m’a semblé louche.   Et puis je n’écris pas dans mes livres. Je les tords, okay, mais je ne barbouille pas dedans. Et non, je n’ai pas signé sous J’ai pris connaissance du contenu de cet agenda. Ça me semblait louche aussi…

J’ai souri, et ce n’était pas la dernière fois que j’allais sourire. La Solde de McComber nous fait rire, ouais. Mais jaune, la plupart du temps. L’idée originale de la structure de l’agenda, des dessins à colorier, des pensées du mois, des citations en exergue… Ça suppure et irradie à la fois, c’est cru et authentique et humain et noir, mais c’est de la douceur qui grince et une sensibilité qui fait réfléchir.

Réfléchir.

La Solde est un roman à lire. Point. Barre.

« Samedi. Quand je me réveille, il fait soleil. Je regarde l’heure. J’ai peine à ouvrir les yeux. Chaque jour, ma tête tente de me couper l’accès au monde extérieur. Mes paupières se givrent de gâteaux grisâtres, mes oreilles s’emplissent de crasses nauséabondes, mes narines s’obstruent de déchets durcis, ma gorge s’enroue de substances collantes. Je dois constamment nettoyer tout ça, sans quoi, un de ces matins, je ne pourrai plus sortir. Je suis pourchassé par un inexorable rouleau compresseur. » p.61.

J'sais pas pour vous autres, mais moi ça me fait réfléchir.


La Solde
Éric McComber
Éditions La Mèche
2011
Format souple ISBN : 978-2-89707-000-7
Format :12,4 x 19,3 cm
232 pages

22.12.11

TRADITION



Joyeux Noël, y'all. 
Et une 2012 qui rocke. 
Pas une année qui soft-rocke, là. 
Une année qui rocke genre double pédale.
Double pédale, mais avec une certaine harmonie dans la voix.
Pas du gros criâge, tsé, juste quelque chose qui fesse comme ' faut. 
J'suis-tu entrain de faire
une pyramide avec mon billet
 du temps des Fêtes, moi là? 
Ben non, c't'un petit sapin de Nowell.

18.12.11

OOOH YEAH X 3



Yeah!  Good news :  Gom est busy, busy...

Héhé!



Crédit photos : Guillaume Pâquet

5.12.11

FAIRE À SEMBLANT

J'ai pas envie de vous compter des menteries.  De faire à semblant.  C'est pas mon genre.  J'essaie de me le rappeler à chaque jour.  À jeun ou pompette.  Éveillée ou endormie.  Le matin, le soir, la nuit.  Dans mon char, dans mon lit.  Quand je m'arrache la peau des doigts, quand je brasse une soupe aux lentilles.  Quand je suis sur la bol ou quand je barre la porte avant de m'en aller.  Quand je mets le recyclage au chemin ou bien la musique à fond.  Quand j'abaisse le drapeau de la boîte à malle ou mon bas de pyjama avant d'aller dormir. Quand mon chat veut sortir.  Ou entrer.  Ou sortir.  Quand je me sens seule.  Perdue.  Ou contente.  Quand je colle des post-it dans un bon livre ou que j'allume la lumière du porche, au cas où.

J'ai manqué Éric, misère, mais je n'ai pas manqué La Solde.  J'en reparlerai. 

Et de ça j'en reparlerai sûrement, aussi.  Un moment donné.


En ce moment, je ne suis pas un gars bien amusant.  J'espère que ça ne te dérange pas.  J'espère que la prochaine fois que je t'écrirai je serai plus joyeux.  D'une certaine façon il est facile d'être joyeux.  D'accord, en ce moment je suis joyeux.  C'est bête de ne pas être joyeux.  C'est inutile.  C'est comme les moustiques et les boutons.  


Falardeau, un très mauvais ami - Lettres à Léon Spierenburg, Lettres traduites et présentées par Jean-François Nadeau, Lux Éditeur, Montréal, 2011, p.43.