
— Pis? Ça t'remonte-tu le moral?
— Euh... j'sais pas trop là...
— Le printemps arrive, ça fond, il fait beau, on va pouvoir manger d'la crème à'glace dehors... Pis t'aimes ça les chats toi, non?
— Ouain...
— Dis-le donc que tu l'trouves laid mon tableau. Moi qui pensais que ça t'ferait plaisir!
— Nenon, c'est pas ça. C'est juste que... J'me demande ben où je vais l'accrocher. Ça fite pas vraiment avec les couleurs de mon salon... ni de ma cuisine...
— Ben. Mets-le dans ta chambre.
— Dans ma chambre? Ah. Ouain. C't'une idée. Mais hum, j'pense pas que ça irait super bien avec mon couvre-lit...
— Il est de quelle couleur ton couvre-lit?
— Blanc.
— Blanc? Ça fitte avec toutte du blanc.
— Ben, il est pas blanc-blanc-blanc là. Y'a pas mal de blanc, mais y'a du vert aussi. Genre du vert chlorophylle...
— Du vert chlorophylle?
— Ouain.
— Pis?
— Pis euh... le vert chlorophylle ça fite vraiment pas avec du turquoise. Tout le monde sait ça.
— C'est pas turquoise ça, c'est bleu.
— Ah ouais? Ouain. Ben. Bleu bébé genre...
—
Bleu bébé?
— Ouain. Bleu bébé.
— Un bébé, c'est pas bleu.
— Je sais, mais on dit ça comme ça. T'as jamais entendu ça?
— Dis-moi donc à' place :
J'en veux pas de ton hostie d'tableau laid.
— J'en veux pas de ton hostie d'tableau laid.
— ...
— ...
— T'as raison. C'est vrai qu'y'é laid...
— Ouain mais y'a toujours quelque chose de beau dans le laid. Dis-toi ben ça.
— Boaf. Pffft...
— Tu me peindras un clown la prochaine fois. Je l'accrocherai dans' descente de la cave.
— ...
— Ah arrête hein. Viens, on va aller prendre du soleil.